Abonné

Lait Nestlé renonce à rompre les contrats de trois syndicalistes

- - 3 min

Le groupe Nestlé est revenu le 17 février sur sa décision de rompre ses contrats avec des producteurs laitiers membres de la Confédération paysanne, décision prise en raison de leur participation à une action syndicale. Le 15 février, une soixantaine de membres du syndicat se sont rendus au siège de Nestlé France pour soutenir la demande de « réintégration » de leurs collègues.

Lors d’une négociation qui s’est tenue le 17 février à la sous-préfecture de Douai (Nord), le groupe Nestlé a renoncé à la rupture de contrat qu’il avait signifiée par courrier à des éleveurs de la région avec effet au 31 mars, « trois associés en GAEC et un couple », précise la Confédération paysanne. Ces courriers avaient été envoyés à la suite de la participation des éleveurs à une action syndicale fin 2004 (1,5 t de produits laitiers avaient été dérobés à l’usine de Cuincy pour protester contre la baisse du prix du lait puis distribués dans un quartier populaire de Lille). Le syndicat précise que le groupe Nestlé n’a pas posé de conditions, contrairement à ce qu’avait d’abord envisagé la direction française. Celle-ci avait précisé qu’elle demanderait aux éleveurs, en contrepartie de leur « réintégration », de ne plus « mener des actions du type de celle menée en décembre » en Suisse. Une proposition jugée inacceptable par la Confédération paysanne, car elle imposait de renoncer à l’action syndicale.

«Le lait moins cher que l’eau minérale»

Afin de soutenir leurs collègues, une soixantaine de membres du syndicat, parmi lesquels José Bové et François Dufour, anciens porte-parole, s’étaient retrouvés le 15 février au siège de Nestlé à Noisiel (Seine-et-Marne) où ils avaient été reçus dans un hall par trois membres de la direction.

« Ce que nous avons fait en Suisse, c’est par réaction. L’action, c’est vous qui l’avez menée. Par vos prix, vous avez empiété sur le droit de vivre des producteurs. Nous demandons à vivre dans la dignité», a expliqué une femme éleveur.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

« Le litre de lait en 2005 est acheté aux producteurs 0,25 euro, moins cher que l’eau minérale», a poursuivi François Dufour.

« En terme de prix, nous suivons les recommandations générales. On ne peut pas se permettre de payer plus cher», a répondu Jean-Pierre Carli, directeur général de Nestlé France.

Les membres de la Confédération paysanne ont également demandé le retrait des plaintes déposées par Nestlé contre plusieurs militants (pour une action menée à son siège en Suisse), l’augmentation du prix du lait à son niveau de 2001 et la participation du syndicat aux négociations sur le prix du lait.