Le projet Net Cacao a été désigné comme seule solution possible pour l’usine Nestlé de Saint-Menet. Issue d’un partenariat entre le négociant en gros de sucre Sucden et la société Chenal et associés, ce dossier prévoit de maintenir 140 emplois dans un premier temps puis 310 d’ici trois ans et envisage une production de 100 000 tonnes de chocolat d’ici 2010. Un investissement de 23 millions d’euros sur 4 ans est également prévu, notamment pour moderniser l’outil de production pour la fabrication de chocolat industriel. Mais les exigences des repreneurs qui dépassent le cahier des charges initial entraînent de délicates négociations avec Nestlé à propos du volume des contrats de sous-traitance. Le préfet de la région PACA espère que le dossier sera « conclu » le 18 novembre, lors d’une nouvelle réunion.
Unique candidat crédible ». Après sept semaines d’attentes, de débats, de retraits et de spéculations, le préfet de la région PACA, Christian Frémont, a désigné le 26 octobre Net Cacao comme seul repreneur possible de l’usine Nestlé de Saint-Menet. L’épilogue du feuilleton Saint-Menet se rapproche. Ce projet a déjà réussi à convaincre les pouvoirs publics de sa viabilité. Si l’affaire se fait, Net Cacao verrait le jour grâce à un partenariat entre Sucden (Sucre et denrées), négociant international spécialisé dans le sucre, et la société Chenal et associés, dirigée par Jean Chenal. Net Cacao, qui n’a pour l’instant aucune existence juridique, aurait ainsi l’appui d’un négociant en gros au chiffre d’affaires de 1,4 milliard d’euros et compterait dans sa direction au moins un spécialiste de l’industrie chocolatière (voir encadré). Ce partenariat « à part égales » selon Sami Demal, directeur général de Sucden, fera jouer « une complémentarité humaine » et prévoit une levée de fonds de 8 millions d’euros afin de réaliser un investissement sur 4 ans « supérieur à 23 millions d’euros », notamment pour moderniser l’outil industriel. Neuf millions seraient tout d’abord investis en 2006.
Le marché de la sous-traitance en vue
Net Cacao, qualifié de « projet industriel d’envergure» par Jacques Pfister, ancien patron d’Orangina et président de la Chambre de commerce et d’industrie de Marseille (CCI), envisage de maintenir « 180 emplois dans un premier temps puis 310 d’ici trois ans», sur ce site qui en compte actuellement 427. La nouvelle entreprise se positionnerait sur le marché européen de la sous-traitance de produit semi-finis (liqueur et masse de chocolat). L’usine produirait essentiellement de la poudre de cacao et du chocolat industriel. La production de départ devrait s’élever à 30 000 tonnes avant d’atteindre 100 000 tonnes en 2010. Les repreneurs envisagent de relancer l’activité de l’usine de Saint-Menet dès janvier 2006 en sous-traitance pour Nestlé puis en septembre de la même année pour les autres clients. Sur ce marché qui absorbe 800 000 tonnes de chocolat par an, le britannique Barry Callebaut tient la place de leader, devant OCG Cacao, basé à Rouen et racheté en 2003 par l’américain Cargill.
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Un dossier qui déborde du cahier des charges initial
Mais ce projet ambitieux au regard des 15 000 tonnes de chocolat produites actuellement par le site repose avant tout sur un important contrat de sous-traitance avec Nestlé. Les promoteurs de Net Cacao supposent pour bien démarrer la nouvelle activité du site de recevoir des commandes de l’ordre de 30 000 tonnes la première année, soit quatre fois plus que ce que proposait le géant de l’agroalimentaire dans son cahier des charges. Cette exigence pourrait devenir un point d’achoppement du projet. Nestlé France affirme par la voix de Jean-Pierre Carli, son directeur général industriel, que ses besoins « sont couverts pour l’Europe par un contrat à long terme avec Cargill ».
Après le réunion du 2 novembre qui a réuni les différentes parties, les syndicats ont constaté selon Patrick Candela, syndicaliste CGT, de « réelles avancées» du dossier, soulignant que « toutes les parties sont suspendues aux décisions de Nestlé ». Les porteurs du projet Net Cacao discutent dorénavant directement avec la direction suisse du géant de l’agroalimentaire. Pour sa part, Christian Frémont, mandaté par Dominique de Villepin pour sortir de l’impasse l’usine de Saint-Menet, espère que ce dossier de reprise sera « conclu » le 18 novembre, lors d’une réunion entre les différentes parties.