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Chocolat/Reprise Nestlé Saint-Menet : dernière ligne droite avant l’arrivée de Net Cacao

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A l’issue d’un comité central d’entreprise (CCE), la direction de Nestlé France a annoncé la signature d’un protocole d’accord avec les porteurs du projet de reprise du site de Saint-Menet : Net Cacao, société spécialisée dans la sous-traitance de chocolat industriel, devrait fournir au groupe de 20 000 à 25 000 tonnes de chocolat par an pendant trois ans. Nestlé prévoit la signature d’un accord de fin de conflit le 24 janvier prochain, à l’occasion d’un nouveau CCE. Des négociations sont encore à mener avec les syndicats qui demandent une amélioration du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE). Ce plan social devrait concerner l’ensemble des 427 salariés du site, le géant de l’agroalimentaire ayant décidé de procéder à une cessation d’activité de l’usine de chocolat comme celle de café, avant de la céder à Net Cacao.

La fin du conflit est imminente. Après dix-neuf mois de tractations, de luttes, de négociations et de rebondissements, Net Cacao devrait s’installer sur le site de Saint-Menet au début du mois de février. Nestlé France a signé un « protocole d’accord avec la société Net Cacao afin de créer une activité industrielle soutenue par Nestlé et comportant 180 emplois », indique le groupe dans un communiqué. La nouvelle société devrait fournir 20 000 à 25 000 tonnes de chocolat industriel au géant de l’agroalimentaire sur une période de trois ans. Un volume de production (rappelons-le, quatre fois plus élevé que le cahier des charges initial de Nestlé) qui correspond au contrat de sous-traitance nécessaire au lancement de ce projet de reprise orchestré par Jean Chenal. cf. Agra alimentation n°1903, du 3 novembre 2005, p. ; n°1907 du 1er décembre 2005, p.

Calendrier de négociation

La question commerciale maintenant résolue, reste à régler le conflit social. Le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) proposé par Nestlé fait encore débat. Ce plan social devrait concerner l’ensemble des 427 salariés du site de Saint-Menet, le groupe ayant décidé de procéder à une cessation d’activité de l’usine de chocolat comme celle de café, avant de la céder à Net Cacao. A l’issue du Comité central d’entreprise (CCE) du 5 janvier, « il a été confirmé aux représentants du personnel que les contraintes industrielles et commerciales de Net Cacao rendaient nécessaire de parvenir à un accord de fin de conflit pour le 24 janvier », lors d’un nouveau CCE.

De son côté, la CGT a dénoncé un « chantage » de la direction qui veut « boucler les discussions sans garanties sur l’embauche et sans répondre à nos demandes d’amélioration du plan social ». « Trois points d’achoppement subsistent», explique Patrick Candela, représentant CGT : « les salariés qui seront reclassés en interne (en France ou en Europe), veulent savoir où ils iront, car il ne s’agit pas de les envoyer sur un site de Nestlé Produits laitiers frais qui sera sous peu restructuré. Nous demandons également un congé de reclassement d’un an, et non de six mois. Enfin, abaisser l’âge de la pré-retraite (entièrement financée par Nestlé) de 55 à 53 ans permettrait de faire passer de 74 à 110 le nombre de salariés concernés. » « Mais nous ne sommes pas “jusqu’au-boutistes”, et nous sommes évidemment prêts à négocier », tempère le syndicaliste. Nestlé a d’ores et déjà programmé un nouveau CCE pour faire le point sur les négociations le 17 janvier.

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Une activité lancée début avril

« Il faut laisser du temps au temps », confie Jean Chenal, serein. « Il faut arriver à une solution. Tout le monde est dans cette logique », assure-t-il. Le climat est effectivement à l’apaisement dans la vallée de l’Huveaune. Le groupe de Vevey s’est engagé à participer à la « revitalisation des 20 hectares du site » que Net Cacao ne reprendra pas, « afin d’y attirer de la petite industrie », a précisé la direction.

Après avoir procédé à un réaménagement des 7 hectares qu’elle compte reprendre à Nestlé, la nouvelle société spécialisée dans la sous-traitance de chocolat industriel, devrait débuter son activité au début du mois d’avril. Une part de son capital, qui sera détenu majoritairement – ou totalement le cas échéant – par le négociant en sucre Sucden et la société Chenal et associés, pourra être ouverte aux investisseurs locaux désireux de s’impliquer.