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Nestlé : un exercice 2019 marqué par plusieurs cessions

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Le géant suisse a annoncé ses résultats pour l'exercice 2019, jugés décevants par les analystes financiers. La CGT FNAF a par ailleurs annoncé dans un communiqué qu'elle surveillait le dossier Herta ; en cause, la création d'une co-entreprise avec l'espagnol Casa Tarradellas, attendue pour le milieu de l'année.

Nestlé a publié ses résultats pour l'exercice 2019 le 13 février. Son chiffre d'affaires s'élève à 92,6 Mrd CHF (87,07 Mrd€), faisant ressortir une croissance organique de 3,5% et une progression des volumes (croissance interne réelle) de 2,9%. Le groupe souligne dans son communiqué que « la croissance a été soutenue par une forte dynamique aux Etats-Unis et dans la catégorie des produits pour animaux de compagnie Purina au niveau mondial. » Le résultat opérationnel courant sous-jacent a augmenté de 4,8% à 16,3 Mrd CHF. De son côté, la marge opérationnelle courante sous-jacente atteint 17,6%, soit une augmentation de 60 points de base en devises constantes et sur une base publiée.

Le groupe se félicite d’avoir atteint avec un an d’avance son objectif de rentabilité fixé pour 2020. Ce qui lui permet de proposer d’augmenter le dividende de 25 centimes à 2,70 CHF par action. À fin 2019, Nestlé a finalisé le programme de rachat d’actions de 20 Mrd CHF démarré en juillet 2017. En janvier 2020, Nestlé a commencé un nouveau programme de rachat d’actions allant jusqu’à 20 Mrd CHF.

Pour 2020, Nestlé prévoit une hausse "continue" de la croissance organique des ventes, sans donner d'estimation précise. Nestlé est par ailleurs peu disert sur l’impact de l’épidémie de coronavirus qui sévit en Chine, estimant qu’il est « prématuré » d'en mesurer les conséquences financières.

Les analystes estiment que la croissance organique et des volumes n'est pas assez élevée, tout comme la marge opérationnelle. L'analyste de Vontobel, notant que le groupe a bouclé pas moins de 50 transactions depuis 2017, estime que la transformation de Nestlé est bien engagée et qu'elle n'est pas terminée. Pour mémoire l'an dernier, Nestlé a annoncé la vente de sa division soins de la peau, mais aussi ses glaces aux Etats-Unis, et surtout 60% de ses parts dans sa marque de charcuterie Herta. L'opération, en cours, devrait être finalisée durant le premier semestre 2020, a précisé Nestlé.

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Les syndicats mobilisés sur le dossier Herta

Dans un communiqué publié le 14 février, la CGT FNAF rappelle qu'elle veille au grain sur le dossier des salariés français d’Herta. Décidé à se désengager de la charcuterie et faute de s’être vu proposer le prix souhaité, le groupe a conclu en décembre dernier un accord avec le groupe espagnol Casa Tarradellas portant sur la création d'une coentreprise (40-60) dont le siège sera situé en Espagne. Nestlé compte ne conserver que les produits végétariens fabriqués par Herta, l'espagnol reprenant la charcuterie.

L’issue de cette transaction est prévue pour le courant de 2020. « Herta compte 2 200 salariés en France, en Allemagne, en Belgique, au Luxembourg, au Royaume-Uni, en Irlande et en République tchèque, détaille la CGF FNAF. En France, Herta compte deux usines, deux plateformes logistiques, des commerciaux et le siège social, soit « 1 900 salariés qui travaillent dans l’hexagone ». Concernant les produits que Nestlé entend conserver, autour de 15% des produits végétaux seulement sont fabriqués dans le Bas Rhin, le reste dans l’usine allemande et les pâtes en République tchèque. « La quasi-totalité activités et des salariés en France sont donc concernés par la cession des activités », rappelle la Fédération.