Les usines d’embouteillage des eaux de Vittel et Contrex (Vosges) du groupe Nestlé Waters France seront reliées à partir de septembre par une canalisation qui permettra de conditionner indifféremment les deux marques sur chacun des sites vosgiens.
Nestlé Waters France compte optimiser ses usines d’embouteillage Vittel (1,1 milliard de cols annuels) et Contrexéville (493 millions de cols), situées dans les Vosges et séparées par une distance de 4 kilomètres. Le groupe compte en effet lancer un programme de l’ordre de 70 millions d’euros destiné à relier, à partir de septembre, les deux sites vosgiens par une canalisation qui leur permettra de conditionner indifféremment les deux marques.
Ces travaux, qui entrent aujourd’hui dans le cadre de la modernisation du site industriel de Nestlé Waters Vosges, avaient déjà été évoqués dix ans plus tôt avant d’être suspendus.
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Inquiétudes de la CGT
Cet investissement prévoit « une organisation de l’embouteillage en fonction des formats et non plus des marques », a expliqué le groupe. Le programme vise en effet à « optimiser et rationaliser », selon les termes de Nestlé Waters, les lignes de conditionnement afin d’éviter les ruptures de charge. Ainsi, le site Vittel se spécialiserait dans les grands formats de 1,5 litre, et celui de Contrex dans les eaux aromatisées. Mais d’entrée de jeu, la CGT a fait part de ses inquiétudes concernant ce projet, notamment en termes d’emplois et d’impact sur le consommateur. « Quelle va être la réaction du consommateur découvrant que les eaux liées aux localités comme le sont Vittel et Contrex, et embouteillées sur ces mêmes localités depuis le début de leur notoriété, seront maintenant soutirées à Contrex/Vittel et vice-versa ? », a en effet interrogé le syndicat dans un communiqué. La CGT redoute en effet une incompréhension, du fait que plusieurs marques d’eau soient embouteillées sur une même ligne. Ce à quoi la direction de Nestlé Waters rétorque en assurant que « le consommateur trouvera toujours de la Vittel dans les bouteilles Vittel et de la Contrex dans les bouteilles Contrex », ajoutant que « les réglementations et les impératifs internes ne laissaient planer aucun doute sur ce point ».
Des réductions d’effectifs déjà programmées
Au-delà de cette crainte quant à la perte de cohérence aux yeux des consommateurs, ce sont surtout les appréhensions en termes d’emploi que cachent les propos du syndicat. « Cela traduit une volonté d’aboutir à une flexibilité à outrance de l’outil de travail qui risque d’avoir des conséquences négatives sur l’emploi », a ainsi souligné André Prévot, secrétaire CGT. Le groupe, de son côté, se veut rassurant sur d’éventuels licenciements liés à cette opération. Nestlé Waters affirme d’ailleurs que cette optimisation de l’outil industriel vosgien respecte la gestion prévisionnelle des emplois que le groupe a annoncée il y a plus d’un an, et qui vise une réduction des effectifs de 2 100 à moins de 1 600 en 2007.