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Entomoculture NextAlim lève 7 millions d’euros

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NextAlim se lance dans la construction de sa première unité de production industrielle grâce à un apport de fonds. La start-up compte à terme déployer ses "entomoculteurs" sur le territoire, pour produire des fertilisants bio et des dérivés d’insectes pour l’alimentation animale et la chimie verte.

NextAlim, spécialiste de l’entomoculture industrielle, vient de lever 7 millions d’euros, auprès de nouveaux actionnaires, parmi lesquels Suez Ventures, Dynalim et Nutri CIAB. Cet apport de fonds servira à « financer la construction de la première unité industrielle à Poitiers. À sa mise en route en 2018, elle produira 1 à 2 tonnes d’insectes par jour, pour monter ensuite à 15 tonnes par jour fin 2018 », explique Jean-François Kleinfinger, dirigeant/fondateur de NextAlim. Créée en 2014, et soutenue notamment par le Programme des investissements d’avenir, la start-up valorise les matières organiques avec des insectes (une mouche appelée Hermetia Illucens ou « Black Soldier Fly »), pour produire « des fertilisants bio et des dérivés d’insectes pour l’alimentation animale et la chimie verte ». À terme, Jean-François Kleinfinger compte « installer ses “entomoculteurs” aux abords des gisements de déchets sur l’ensemble du territoire », voire en Europe, dans un second temps.

Pour accompagner ses projets, ce dernier compte également sur une évolution de la réglementation du mode de production des insectes, très encadrés en Europe. Dans un avis scientifique rendu en octobre 2015, l’EFSA indiquait que « la présence éventuelle de risques biologiques et chimiques dans des aliments dérivés d’insectes dépendrait des méthodes de production utilisées, du substrat sur lequel les insectes sont nourris, de l’étape du cycle de vie à laquelle les insectes sont “récoltés”, de l’espèce d’insecte, ainsi que des méthodes utilisées pour leur traitement ultérieur ». Les experts en avaient donc conclu que « si des insectes non transformés sont nourris avec les aliments pour animaux actuellement autorisés, l’apparition potentielle de contaminants microbiologiques devrait être similaire à celle observée dans d’autres sources non transformées de protéines ».

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Pour Jean-François Kleinfinger, il est clair que l’utilisation des matières organiques carnés notamment, pour nourrir des insectes d’élevages, changerait la donne. L’installation des entomoculteurs de Nextalim sur le territoire seraient non seulement une réponse au gaspillage alimentaire, mais aussi une opportunité supplémentaire de valorisation des matières organiques, autre que la méthanisation, par de gros industriels de l’agroalimentaire ou des coopératives.