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Sauvé, l’euro ? Nul ne peut dire si l’accord obtenu à l’arraché par les Européens le 27 octobre sera de longue durée. Quoiqu’il arrive, obligation est faite aux Etats de pratiquer des coupes claires dans leurs budgets de manière à réduire leur endettement. Des Etats si fragilisés, y compris pour la France, que la moindre menace de dégradation d’une note d’agence type Moody’s ou Fitch, les laisse désemparés et tentés d’y remédier en pesant aussitôt sur la recette ou la dépense publique. Des réactions qui révèlent la nature des gouvernants autant que celle des budgets.
Pour l’agriculture en particulier, la conséquence est lourde. Voyez la manière dont est financé l’allègement partiel des charges sociales des salariés permanents, une nouvelle niche sociale, en somme. Cet allégement sera gagé sur une taxation de produits alimentaires et une réduction de l’avantage fiscal du fioul agricole. Au fond, l’équation reste interne au monde agricole et alimentaire : ce sont les producteurs ou consommateurs de sodas ainsi que les utilisateurs de fioul qui vont financer l’allégement de charges des employeurs de main-d’œuvre agricole. Ce qui signifie que ce n’est plus la solidarité publique qui intervient mais le monde agricole lui-même et ses filières.
Il y a fort à parier que, demain, tout autre mesure destinée à améliorer la situation ou la compétitivité des agriculteurs sera financée de cette manière, « en interne » en quelque sorte. Encore un signe qui montre que les agriculteurs ne doivent compter que sur eux mêmes. C’est leur poids économique dans la société et non plus leur poids politique qui assurera leur essor.
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