Le secrétaire d’État à l’Agriculture et à l’Alimentation, Nicolas Forissier, a présenté le 8 juillet un partenariat national pour les industries agro-alimentaires. Il propose une « ambition forte » pour un secteur qui génère 8,4 milliards d’euros d’excédent commercial, le premier mondial, mais qui présente aussi « des faiblesses ». Objectif affiché : atteindre 500 000 emplois dans l’agroalimentaire contre 420 000 aujourd’hui.
Nicolas Forissier a proposé que la France se fixe un objectif inédit dans les autres secteurs industriels : une élévation des effectifs de salariés. Ceux-ci sont actuellement 420 000. Il suggère que l’on se fixe l’ambition d’atteindre le demi-million. Il a aussi insisté sur la répartition des IAA qui maillent l’ensemble du territoire.
Le partenariat en question est essentiellement une consultation des entreprises et des filières, qui durera un an, afin de définir une politique agro-alimentaire par la suite. « Le Premier ministre avait souhaité un plan d’action pour l’agro-alimentaire. C’est une mission qui m’est échue », a indiqué Nicolas Forissier. Le secrétaire d’État à l’Agriculture et à l’Alimentation connaît bien déjà l’agro-alimentaire, ayant été précédemment à la tête d’Ubifrance et ayant remis en 1996 un rapport à Alain Juppé, alors Premier ministre, sur les organismes d’appuis à l’exportation, comme Ubifrance, la Sopexa (Société pour l’expansion des ventes des produits agricoles et alimentaires), etc.
Nicolas Forissier a constitué le 8 juillet un comité de pilotage, qui animera sept groupes de travail. Le premier doit fournir un état des lieux des réalités du secteur. Le deuxième recense les outils d’aide et d’accompagnement, en proposant des modes de financement. Le troisième s’occupe des outils de soutien sur les marchés extérieurs. Le quatrième porte sur l’important sujet de la recherche. Le cinquième sur l’adaptation des réglementations. Le sixième sur la façon de mieux répondre aux attentes de la société. Et le septième sur la formation des jeunes.
Le premier groupe de travail, sur l’état des lieux, aura rendu sa copie à l’automne, afin que les autres groupes puissent avancer en toute connaissance de cause.
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Le secteur qui investit le moins dans la recherche
L’agro-alimentaire est le secteur industriel qui investit le moins dans la recherche, a regretté le secrétaire d’État, évoquant une « vraie faiblesse » dans ce domaine. Fleuron de l’industrie française, comparable à l’automobile sur le plan des gains nets engrangés sur les marchés extérieurs, il n’investit que 1,3% de son chiffre d’affaires en recherche et développement, contre 6% pour la moyenne de l’industrie française. Or, « 80% des produits qui seront sur le marché dans cinq à dix ans n’existent pas aujourd’hui », indique le secrétariat d’État dans sa présentation du partenariat avec les industries agro-alimentaires. Nicolas Forissier a prévenu dans une conférence de presse que « si nous ne parvenons pas à augmenter l’effort de recherche des entreprises et celui de la recherche publique, nous risquons d’être dépassés par d’autres pays qui, eux, le font ».
Autre sujet à suivre de près : les outils d’appui sur les marchés extérieurs. Les outils que sont Ubifrance, la Sopexa, l’Adepta (Association pour le développement des échanges internationaux de produits et techniques agro-alimentaires), les postes d’expansion économique, méritent de travailler davantage « en synergie ». « Lorsque j’étais à Ubifrance, François Loos (alors ministre du Commerce) m’a demandé de simplifier et d’opérer des regroupements des organismes existants». Le cas de la Sopexa doit être aussi « clarifié», a-t-il indiqué, et c’est un dossier « qui ne devrait pas poser de problèmes majeurs », mais sur lequel « je compte avancer vite».
Les industries agro-alimentaires (IAA) sont la première industrie française par son chiffre d’affaires. Elles assurent, sur le territoire, 70% des débouchés de l’agriculture française. « Il n’y aura pas d’agriculture forte sans industries agro-alimentaires fortes », selon le secrétariat d’État.