La Fondation Nicolas Hulot vient de lancer une nouvelle collection thématique dédiée aux questions environnementales. Le premier ouvrage de cette collection est consacré à l’agriculture. Intitulé ?, il appelle à quitter « l’agriculture productiviste », accusée d’être en partie responsable de l’érosion des sols, des changements climatiques et de multiples pollutions.
En 230 pages environ, L’impasse alimentaire dresse un tableau noir de l’agriculture actuelle, qualifiée de « calamité écologique doublée d’une menace sanitaire ». Nicolas Hulot ne signe qu’un bref avant-propos de 3 pages dans lequel il appelle à « poser sur la table l’ensemble des éléments, en toute impartialité, pour guider la société et les consommateurs dans leurs choix ». Car, poursuit-il, « les changements ou les adaptations ne pourront être délégués aux seuls paysans, mais devront être pris en charge par les collectivités nationales ou européennes ». Construit sous forme d’entretiens, et destiné au grand public, le livre donne principalement la parole à Philippe Desbrosses, membre du comité de veille écologique de la fondation Nicolas Hulot et président de la section de l’agriculture biologique à la Commission nationale des labels. On y lit également les positions du responsable associatif Lylian Le Goff (France Nature Environnement) ou du philosophe Dominique Bourg (Université de technologie de Troyes).
L’agriculture raisonnée sauve sa peau
Les auteurs clouent au pilori l’agriculture conventionnelle. Ils s’essayent aussi à proposer quelques solutions alternatives. Roland Albignac, zoologue à l’Université de Besançon, se fait le défenseur du commerce équitable, alors que Philippe Desbrosses présente l’agriculture biologique comme « l’une des alternatives sérieuses » à l’agriculture productiviste. « Nous ne parviendrons pas à convertir (les) professionnels de la terre au bio en une seule génération», tempère cependant Dominique Bourg, expliquant qu’« il peut exister d’autres voies que celles du bio, reposant sur la combinaison d’innovations technologiques avec le savoir qui est aujourd’hui le nôtre en matière de complexité des écosystèmes ». S’il estime que l’agriculture dite raisonnée « ne remet pas en cause les grands principes de l’agriculture industrielle», Dominique Bourg n’en admet pas moins que « on ne peut faire abstraction de ce mouvement dans le paysage français actuel, sous peine de perdre une chance de faire avancer la grande majorité des paysans vers des pratiques durables et moins offensives pour l’environnement ». Enfin, l’ouvrage vante les mérites des réseaux « agriculture durable » qui se constituent (paysans non bio mais « ayant décidé de cultiver écologiquement ») et des Associations pour le maintien de l’agriculture paysanne (Amap) qui contractualisent directement – et à l’avance – avec un groupe de consommateurs une partie de la récolte saisonnière.
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L’impasse alimentaire ? - Agriculture, Santé, Environnement, Fayard, 16 euros.