Le ministre de la Transition écologique a demandé au préfet des Pyrénées-Atlantiques d’enclencher un dialogue avec les acteurs du département pour « la réintroduction de deux ourses à l’automne 2018 », selon un communiqué le 27 mars. La Confédération paysanne dénonce cette décision, rappelant qu’en Ariège, on a compté la saison dernière 689 victimes de l’ours.
Le ministre de la Transition écologique a demandé le 27 mars au préfet des Pyrénées-Atlantiques de « lancer un dialogue rassemblant l’ensemble des acteurs du département pour établir une feuille de route » pour la « réintroduction de deux ourses à l’automne 2018 ». Le suivi des ours bruns dans les Pyrénées est réalisé par deux antennes de l’ONCFS (1) via le Réseau ours brun, l’une dans les Pyrénées occidentales (incluant le département des Pyrénées-Atlantiques), l’autre dans les Pyrénées centrales et orientales (incluant le département de l’Ariège). Selon les données de ce réseau, deux ours mâles ont été détectés dans les Pyrénées occidentales contre 37 dans les Pyrénées centrales et orientales en 2016.
L’exemple ariégeois, bête noire des éleveurs
Le ministère de Nicolas Hulot fait de ce recensement un argument pour justifier l’introduction de deux femelles dans la zone occidentale des Pyrénées. Au contraire, les éleveurs sont inquiets : la situation ariégeoise pourrait s’y reproduire. Pour l’heure, l’Ariège représente 80 % des attaques d’ours dans les Pyrénées. Selon le bilan 2017 présenté par les services de l’État en décembre, 265 dossiers de demandes d’indemnisation suite à l’attaque d’ours ont été déposés, contre 174 en 2016. Dans un communiqué du 27 mars, la Confédération paysanne affirme que « la saison dernière, la quarantaine d’ours recensés en Ariège a provoqué 689 victimes (2). » Selon la préfecture, le montant des indemnisations 2017 se chiffrerait à 240 000 euros contre environ 80 000 euros l’année précédente.
Des mesures de protection limitées
Dans ce contexte, Nicolas Hulot affirme qu’à l’issue du dialogue engagé, la feuille de route devra comprendre des actions permettant de « renforcer la sécurité des activités d’élevage ». Pour y parvenir, il préconise de s’appuyer sur une meilleure connaissance des comportements de l’espèce, sur une amélioration des technologies de suivi et d’observation des ours bruns et sur une amélioration des dispositifs de protection et d’intervention en cas de problème. Là encore, les éleveurs ne sont pas rassurés. « La situation (en Ariège) a montré que les moyens de protection existants – chiens, clôtures, gardiennage… – ont très largement atteint leur limite. »
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Sans surprise, le dialogue entre les parties prenantes de la question de la réintroduction de l’ours dans les Pyrénées s’annonce houleux. En amont, l’association de la Ligue pour les oiseaux (LPO) qualifie la décision du ministre de « très bonne nouvelle » et de « nécessaire », quand la Confédération paysanne dénonce le « mépris » d’une décision prise « sans concertation préalable ».
La Confédération paysanne dénonce une décision prise sans concertation préalable
(1) Office national de la chasse et de la faune sauvage (établissement public)
(2) Dont 209 brebis tuées dans le dérochement du Mont Rouch en juillet