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Prix Nicolas Sarkozy accule industriels et distributeurs à baisser leurs prix

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Préconisant une baisse des prix des produits de grande consommation de 3 % d’ici le mois de septembre et de 2 % supplémentaires d’ici à 2005, le ministre de l’Economie, Nicolas Sarkozy, a donné aux industriels et distributeurs jusqu’au 17 juin pour finaliser un accord. A défaut, il pourrait légiférer.

Le ministre de l’Economie et des Finances est bien décidé à donner un signal fort aux Français. Faisant valoir que le consommateur hexagonal paie ses produits de marques de 5 à 13 % plus cher que ses voisins allemands, italiens ou espagnols, et que ses produits alimentaires ont augmenté de 2,3 % par an entre juin 1997 et mars 2004, quand l’inflation a évolué de 1,5 %, Nicolas Sarkozy a décidé d’obtenir des industriels et distributeurs une baisse rapide de prix pour leurs produits de marque. Selon ses desiderata, présentés à la table ronde organisée le 3 juin, cette diminution devrait atteindre 3 % dès le mois de septembre, auxquels s’ajouteraient 2 % supplémentaires d’ici à 2005, par rapport aux prix de janvier 2004.

Ces propositions, négociées avec les professionnels, doivent faire l’objet d’un accord, une date butoir étant fixée au 17 juin. Faute d’une solution concertée, le ministre a prévenu qu’il inscrira des mesures législatives dans la loi sur la relance de la consommation dont l’examen est prévu le 24 juin prochain. Alors qu’industriels et distributeurs se renvoient la responsabilité des hausses des prix, il a précisé que l’effort devra être partagé entre les deux parties. Reste à savoir selon quelles modalités.

Un gros effort

En contrepartie, les distributeurs obtiennent de pouvoir étendre leurs magasins sans autorisation préalable, à condition d’offrir aux produits des PME des places supplémentaires dans les linéaires. Autre avantage obtenu par les distributeurs, et les PME : les grands industriels devront renoncer aux accords de gamme. Deux mesures qui suscitent le scepticisme de Thibault Le Carpentier, directeur d’Obsand, qui jette aussi le doute, dans l’entretien qu’il nous a accordé, sur la satisfaction de façade affichée par de nombre de participants à l’issue de la table ronde.

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Le président de la FCD, Jérôme Bédier, s’est félicité de la qualité du dialogue, et s’est dit « d’accord sur l’idée d’un effort équilibré » (entre industriels et distributeurs), non sans ajouter qu’il « s’agit d’un vrai effort pour les distributeurs ». Si les plus décidés à batailler sur les prix, Carrefour et Leclerc se sont déclarés satisfaits, des enseignes moins puissantes, telles que Système U, ont effectivement souligné elles aussi qu’« il s’agit d’un gros effort » portant sur un quart de leur résultat net.

Du côté des industriels de l’Ania, certains se sont montrés assez sceptiques, craignant un retour masqué des exigences des distributeurs. « Quand on veut contourner un rapport de force, il revient sous une autre forme », a remarqué le représentant d’un grand groupe.