« Cette crise touche aux valeurs même de notre agriculture.
Elle révèle en second lieu des défaillances nationales réelles dans la répartition de la valeur au sein de nos filières agricoles.
Je vous propose aujourd’hui un nouvel élan pour l’agriculture française.
Nous voulons une régulation rénovée de l’agriculture et de l’agro-alimentaire en Europe et dans le monde.
L’idée de la toute puissance du marché qui ne devait être contrarié par aucune règle, (…) est une idée folle.
C’est la primauté donnée à l’entrepreneur, et l’agriculteur est un entrepreneur.
Notre premier objectif est d’affirmer une préférence communautaire renouvelée.
La France se battra et convaincra ses partenaires pour mettre en œuvre la taxe carbone aux frontières de l’Europe.
Il n’est pas question de ravaler les agriculteurs au rang de « jardiniers de la nature ou du cantonnier du canton ».
Bruno Le Maire a compris, parce qu’en plus, il est intelligent, que pour faire bouger les choses, il faut des alliés.
Il faut que la Commission européenne accélère ses travaux.
Je demanderai au Conseil européen du 30 octobre que la Commission européenne propose, dès le début de l’année 2010, un renforcement effectif des outils de régulation des marchés laitiers.
Pour être entrepreneur, il faut de la visibilité sur ses débouchés et ses prix.
La contractualisation, ce n’est pas l’intégration.
Sans contrat, un producteur de lait est un éleveur sans garantie.
La loi de modernisation agricole doit fixer un cadre législatif pour encadrer la relation contractuelle entre producteurs et transformateurs de lait.
Cette contractualisation s’appliquera dans la filière laitière, dès 2010, par la loi.
Je demande à Bruno Le Maire d’analyser l’organisation de la main d’œuvre salariée étrangère chez nos partenaires européens pour me proposer avant la fin de l’année des mesures visant à accroître la compétitivité de nos exploitations agricoles.
Je demande à Bruno Le Maire d’engager, dans le respect des engagements du Grenelle de l’Environnement, un double travail de simplification et de mise en cohérence des règles existantes en matière environnementale et sanitaire aux niveaux national et européen.
L’organisation économique devra être renforcée par la loi de modernisation de notre agriculture.
L’État est avec vous, nous allons vous aider mais vous devrez également modifier un certain nombre de failles dans votre organisation.
Je veux une transparence totale dans la répartition des marges aux différents stades de la filière.
On va vous mettre dans un combat à armes égales avec vos concurrents.
Il nous faut développer les outils d’assurance contre les aléas économiques.
Afin d’accroître leur légitimité (des interprofessions), je veux par ailleurs renforcer, dès 2013, leur rôle d’initiatives, de décisions et d’orientation des filières.
Nous devons prendre de l’avance dans les biotechnologies, dans les technologies propres, dans les économies d’énergie, dans la société de la connaissance en agriculture. »
Par ailleurs, des esprits malins auront remarqué que de longues phrases lyriques ou morceaux de paragraphes auront pu être déjà entendus le 19 février de cette année à Daumeray, telles : « Un agriculteur est donc un entrepreneur, mais un entrepreneur qui ne compte pas ses heures, qui porte la responsabilité d’investissements importants, qui doit relever tous les jours des défis humains, financiers, techniques, administratifs considérables. C’est un chef d’entreprise qui doit s’adapter en permanence au climat, aux marchés, aux technologies, aux réglementations. » ou encore « Le mot “terre” a une signification française et j’ai été élu pour défendre l’identité nationale française. Toutes les familles de France ont des grands-parents qui, à un moment ou un autre, ont travaillé la terre. L’agriculture a façonné nos paysages. L’agriculture a donné à la France une partie de son âme. C’est avec ces convictions que nous allons ensemble œuvrer pour l’avenir de notre agriculture. »