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Grande distribution  Nicolas Sarkozy met la pression pour obtenir une baisse des prix de 3 % d'ici septembre

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Si ce n'est pas par la négociation, ce sera par la loi. Nicolas Sarkozy, ministre de l'Économie s'est emparé du délicat sujet des pratiques commerciales de la grande distribution et compte bien " ". Lors d'une table ronde, le 3 juin, qui réunissait autour de Nicolas Sarkozy et du ministre délégué au Commerce Christian Jacob, les patrons de la grande distribution, les syndicats agricoles majoritaires, les associations de consommateurs et les fédérations d'industriels et de PME (au total une trentaine de participants), le ministre de l'Économie a fait 7 propositions. Trois questions spécifiques sont abordées : la fixation des prix agricoles, l'accès des PME aux linéaires et la situation du commerce de proximité avec en ligne de mire une baisse des prix de 3 % d'ici septembre 2004. Nicolas Sarkozy donne 15 jours aux acteurs pour finaliser cet accord. Le 17 juin une prochaine réunion décisive est programmée.

Nicolas Sarkozy veut aller vite. Le dossier épineux des pratiques commerciales de la grande distribution ne fera pas exception. S'il n'aboutit pas par la négociation d'ici le 17 juin après une première réunion le 3 juin, ce sera par la loi. Dans son exposé préliminaire le 3 juin devant les patrons de la grande distribution, les syndicats agricoles majoritaires, les associations de consommateurs et les fédérations d'industriels et de PME (au total une trentaine de participants), le ministre de l'Économie donne le tempo. " Si nous ne parvenons pas à une solution concertée, crédible et efficace, j'engagerai rapidement les travaux législatifs permettant de les atteindre, a expliqué Nicolas Sarkozy.  Je précise que le 24 juin dans le cadre de l'examen du projet de loi de relance de la consommation, je me réserve la possibilité d'inscrire une ou deux mesures législatives sur ce point". L'objectif  du ministre d'État : faire baisser rapidement et durablement les prix de 3 % d'ici septembre 2004 et de 5 % d'ici 2005. Des consultations menées par Nicolas Sarkozy et Christian Jacob, ministre délégué au Commerce, ressort " un consensus assez large". Pour le gouvernement, il est incontestable que " l'augmentation excessive des prix est parallèle à une dérive du poids des marges arrière". Ces marges arrière " n'ont pas été créées par la loi Galland". Enfin, " aucun acteur du système ne peut se satisfaire de cette situation ni les marques, ni les distributeurs, ni les agriculteurs, ni les PME". Il faut donc " sortir de l'immobilisme", avance le ministre de l'Économie.

La suppression de toute ristourne en question

Trois questions spécifiques ont été abordées lors de la table ronde du 3 juin : la fixation des prix agricoles, l'accès des PME aux linéaires et la situation du commerce de proximité. Le ministre de l'Économie a fait 7 propositions pour aboutir à une rapide baisse des prix, réduire les marges arrière, favoriser les PME et protéger les agriculteurs et le petit commerce (cf encadré). Le climat à l'issue de la réunion était positif chez l'ensemble des participants. Pour Daniel Bernard, p.-d.g. de Carrefour, " cette réunion a été extrêmement positive et dynamique". Alain Bazot, président de l'UFC Que Choisir est plus réservé : "J e ne pas sûr que les choses changeront sur le long terme". Du côté des producteurs agricoles, Pascal Coste, secrétaire général adjoint de la FNSEA " ose croire que tout cela n'est pas du blabla". " Le ministre a envie de faire changer les choses : on est arrivé au bout d'un système", ajoute Pascal Coste. La FNSEA souhaite intégrer dans les propositions du ministre "la suppression de toutes ristournes, rabais pour les fruits et légumes et les produits de première transformation agricole". Deuxième piste :  la mise en place de coefficients multiplicateurs et la promotion de filières de qualité. Jérôme Despey, président des Jeunes agriculteurs, exprime son inquiétude quant au risque de répercussion de la baisse des prix des produits à la consommation sur les producteurs : " Ce ne sont pas les producteurs et les filières qui doivent être compressées par cette baisse des prix". Les JA souhaitent la publication des amendes liées aux pratiques condamnables de la distribution. Il reste 15 jours aux syndicats agricoles majoritaires pour tenter de concrétiser ces propositions dans l'accord final.  

 

 

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