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Nicolas Sarkozy s’intéresserait peu aux coopératives agricoles

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Pour Philippe Mangin, président de Coop de France, « la coopération regrette que Nicolas Sarkozy ne se soit jamais attardé sur la question du modèle économique coopératif, particulièrement lors de la crise financière ». « Beaucoup ont fait remarquer que le modèle tenait mieux que les autres », a expliqué Philippe Mangin. « Nous ne sommes pas encore au bout du mandat », souligne-t-il, mais il regrette que lors de ses fréquents déplacements, le président Sarkozy ne se soit pas rendu sur des coopératives et qu’il en ait peu évoqué le rôle dans l’économie française. Concernant l’environnement, « la coopération agricole a beaucoup cru au Grenelle, car c’était un lieu de dialogue intéressant, mais heureusement que la barre a été redressée lors du Salon de l’agriculture en 2010 », explique Philippe Mangin. Cependant, la prise de conscience des distorsions de concurrences qu’impliquait le Grenelle a été un peu tardive au goût du président de Coop de France. « C’est une bonne chose que de s’engouffrer dans les politiques environnementales, mais il s’agit de placer le curseur au bon endroit afin d’éviter les à-coups », explique-t-il. Depuis, le gouvernement est plus prudent sur ces questions, fait remarquer Philippe Mangin, qui insiste sur la nécessité d’harmoniser les règles environnementales au niveau européen avant de les appliquer sur le seul territoire français. Cependant, une prise de conscience du problème semble émerger depuis 18 mois, souligne le président de Coop de France. D’ailleurs, Philippe Mangin s’est déclaré satisfait de la reprise dans les grandes lignes par le président Sarkozy des propositions faites par Coop de France dans son livre blanc pour la mise en place des lois de modernisation de l’économie. En effet il est, selon lui, nécessaire de prendre en compte aujourd’hui le contexte européen (Pac) et mondial (OMC) afin de définir les lignes réglementaires et économiques en France. Enfin, le point le plus négatif aux yeux de Philippe Mangin est l’inefficacité des négociations et des engagements pris par la distribution sur la répercussion des prix des matières premières vis-à-vis des producteurs. Il indique que la LME n’a pas fait démonstration de son efficacité dans le rapport de force avec la grande distribution. Si le ministre a repris l’idée de l’indexation des prix de production aux prix de vente des produits, il n’y a pas de résultats pour le moment. « La grande distribution tient de beaux discours en présence du ministre mais ceux là ne sont pas suivis d’effets concrets », souligne Philippe Mangin. « Le marché de la volaille est en péril, les cours du porcs chutent, il faut cogner du poing sur la table afin de répercuter la hausse », martèle Philippe Mangin.

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