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Superfruits Nossa Fruit cherche à lever un million d’euros

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Le numéro un de l’importation d’açaï en France poursuit son développement et espère lever 1 M€. Ces fonds serviront à financer son besoin en fonds de roulement et aussi à la construction d’une usine au Brésil afin de sécuriser ses approvisionnements, mais aussi à redistribuer une partie de la valeur aux cueilleurs, via une coopérative mise en place avec une ONG.

Après avoir levé 260 000 euros depuis sa création en 2014, Nossa Fruits veut passer à la vitesse supérieure. Damien Binois, le fondateur, espère réussir à lever 1 million d’euros d’ici à la fin de l’année pour financer le besoin en fond de roulement (BFR) de sa start-up et implanter une usine au Brésil. En seulement deux ans, Nossa Fruits s’est imposé comme l’importateur leader en France d’acaï, une petite baie aux multiples vertus, que l’on trouve à l’état sauvage en Amazonie et qui était jusqu’alors essentiellement consommée par les populations indigènes. La forte saisonnalité de l’açaï, cueillie entre septembre et décembre, explique ce fort besoin en fonds de roulements.

Les premières levées de fonds s’étaient faites auprès de business angels, qui "ont une participation très minoritaire au capital" et le reste grâce à un prêt BPIfrance et du crédit bancaire. Si les investisseurs historiques devraient remettre au pot, Damien Binois réfléchi également à faire entrer des fonds d’investissements, ou à se tourner vers du financement participatif pour réussir à atteindre son objectif d'un million d’euros, mais "rien n’est encore fixé pour le moment", prévient-il.

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L’objectif de Damien Binois a aussi une dimension sociale et environnementale. Ce dernier veut en effet "capter une partie de la valeur de l’açaï et distribuer le reste aux cueilleurs". Déjà un partenariat mis en place avec une ONG a permis de créer une coopérative regroupant plusieurs dizaines de milliers de cueilleurs, jusqu’à maintenant absolument pas organisés et donc peu protégés. Une partie de ces fonds servira donc à la construction d’une usine d’extraction de pulpe et de congélation sur place. "L’intégration de notre filière amont nous permettra une meilleure traçabilité et assurera une qualité optimale du produit qui s’oxyde très vite et doit donc être congelé très rapidement après la cueillette", explique-t-il. L’usine qui devrait mobiliser une vingtaine de personnes devrait être mise en service fin 2019, à la fin de la saison de cueillette avec une ligne capable de traiter 2 000 tonnes par an (sur 4 ou 5 mois). À terme, le fondateur réfléchi à la cueillette d’autres fruits également réputés en Amazonie, comme l’acérola, qui pourrait être traité dans cette même usine, qui au lieu de ne tourner que quelques mois, fonctionnerait toute l’année. Actuellement, la société achète la pulpe surgelée à plusieurs entreprises au Brésil, puis la fait venir par bateau en Europe, pour conditionner et embouteiller ses produits en France, en Belgique et en Hollande.

Nossa Fruits qui avait lancé des petits pots de glace au démarrage, a depuis adapté ses produits à la demande des consommateurs. Elle propose maintenant des boissons bio à base d’açaï et d’autres superfruits, des fruits bio à mixer et de la pulpe de fruits bio surgelés pour réaliser de smoothies. Ceux-ci sont vendus à 60 % en magasins et le solde à des industriels. L’entreprise qui compte deux marques Nossa ! et Terraçaï spécifiquement pour les magasins bio, compte terminer l’année sur "un chiffre d’affaires de l’ordre de 1,6/1,7 million d’euros", souligne Damien Binois, après 740 000 euros en 2017. Et ce dernier de préciser que "Nossa Fruits est rentable depuis l’année dernière".