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FORMATION/ENTRETIEN « Notre avenir est incertain par manque d'attractivité du secteur »

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Philippe Dubuisson, président de l'Ifria Rhône-Alpes s'interroge sur l'avenir des centre de formation des apprentis des industries agroalimentaires, dont la première structure est née en Rhône-Alpes en 1993. En cause : des budgets incertains avec la réforme de la taxe d'apprentissage et un désintérêt des jeunes pour ces métiers.

Quels sont aujourd'hui les métiers en tension dans le secteur de l'industrie agroalimentaire ?

Les profils les plus recherchés par les industriels sont les opérateurs de machines, les conducteurs de lignes et des professionnels de la maintenance. Nous constatons un écart énorme entre les besoins des industriels qui sont équipés de lignes automatisées et les potentiels de jeunes en formation dans nos différentes sections. Les industriels voudraient des ingénieurs ou des moutons à cinq pattes pour conduire leurs lignes de production. C'est compliqué à trouver.

Les métiers de l'industrie agroalimentaire attirent-ils les jeunes ?

Nous avons du mal à remplir nos sections de formation. En Rhône-Alpes, le potentiel d'embauche annuel est estimé à 600 à 800 postes. L'Ifria forme une centaine de jeunes en apprentissage. C'est insuffisant alors que les potentiels de carrière sont réels.

L'Ifria a été créé par un industriel et les pouvoirs publics il y a 20 ans en Rhône-Alpes. Comment l'implication des entreprises a-t-elle évolué ?

À la création de l'institut de formation des apprentis des industries agroalimentaires, Danone a été moteur. En 1993, le groupe qui disposait de nombreux sites de production en Rhône-Alpes mais qui avait aussi une problématique national s'est engagé financièrement et en prenant des jeunes en apprentissage, dans la création de ce centre de formation hors les murs. La Région Rhône-Alpes s'est aussi fortement impliquée en mettant à disposition des CFA et des financements. Aujourd'hui, l'association s'inscrit dans un avenir incertain par manque d'attractivité du secteur. Il est difficile de mobiliser les branches professionnelles et nos moyens financiers diminuent.

Quel est votre budget et quelles sont vos sources de revenus ?

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L'Ifria Rhône-Alpes dispose d'un budget 2013-2014 d'1 million €, dont 600 000 € issus de la taxe d'apprentissage, 160 000 € issus des branches professionnelles via l'Opcalim et 140 000 € de la Région Rhône-Alpes pour les grands postes de recettes. Avec la réforme de la taxe d'apprentissage qui ne sera plus versée directement aux établissements de formation mais aux pouvoirs publics qui la redistribueront, notre avenir à court terme est incertain.

LES PARTENAIRES INDUSTRIELS DE L'IFRIA RHÔNE-ALPES

Brioche Pasquier, Révillion, Blédina, Bonduelle, Guilloteau, Lactalis, Danone, Nestlé, Despinasse, Aoste, Roger de Lyon, Lustucru, Valrhona, Evian, Chabert, Carrefour, Auchan, Casino…

Quelles sont vos actions pour maintenir le centre de formation proche des préoccupations des industriels et apporter des solutions aux questions d'emplois en France ?

Nous travaillons en direct avec les professionnels du territoire pour anticiper leurs besoins de recrutement et connaître leurs attentes face à l'évolution des métiers de demain. Notre équipe de quatre permanents installée à l'Agrapole-Isara à Lyon analyse les besoins des entreprises, met en place les formations et accompagne les jeunes et les entreprises tout au long de la formation. En 2012, 178 jeunes ont été formés aux métiers de la production alimentaire, 147 entreprises et maîtres d'apprentissage ont été accompagnés dans la formation des jeunes. Nous affichons un taux de réussite de 95 % au Bac Pro.

LES FORMATIONS DE L'IFRIA RHÔNE-ALPES

CAP Industries agroalimentaires (niveau 3e ou Cap et BEP) : ouvrier polyvalent de fabrication de produits alimentaires (fabrication de pâtes fraiches, de fromages, de sauces…), ouvrier polyvalent du travail industriel des viandes (désossage, parage, conditionnement…) et ouvrier de conduite de machines automatisées de fabrication ou de conditionnement.

Bac Pro Pilotage de systèmes de production automatisée (niveau terminale professionnelle, générale ou technologique) : conducteur/régleur, pilote de machines ou de lignes de fabrication/conditionnement.

Bac Pro Bio-industries de transformation (niveau CAP, BEP, BEPA, seconde professionnelle, générale ou technologique) : technicien de fabrication, conducteur de ligne de fabrication/conditionnement, animateur qualité terrain ou technicien de laboratoire.