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Notre-Dame-des-Landes : la justice autorise l’expulsion des derniers occupants

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Le 26 janvier, la justice nantaise a autorisé l’expulsion des derniers opposants au projet d’aéroport Notre-Dame-des-Landes. Quatre agriculteurs et onze familles sont contraints de quitter leurs habitations et fermes pour que les travaux puissent commencer.

« Moi et mes vaches, on reste ici ! », proclamait la pancarte d’un tracteur à Notre-Dame-des-Landes, le 27 janvier deux jours après la décision judiciaire d’expulsion des opposants au projet d’aéroport. Ces derniers ont fait une démonstration de résistance en protégeant avec 62 tracteurs une ferme située sur le site des travaux. Sur Twitter, les commentaires des agriculteurs sont sans appel : « On leur souhaite bien du courage s’ils veulent nous faire partir ». Le tribunal de grande instance de Nantes a pourtant approuvé l’expulsion des occupants historiques du site du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le 25 janvier. « L’évacuation peut commencer pour les exploitations agricoles », a indiqué Pierre Gramaize, le juge de l’expropriation. Si les familles ont deux mois pour quitter les lieux, les agriculteurs doivent quitter le lieu dès que possible.

Maigre répit

Mais l’expulsion n’est pas assortie d’astreinte financière, chose que demandait la société d’aménagement Aéroports du Grand Ouest (AGO). « C’est uniquement sur des mesures d’appel à la force publique que ces expulsions pourront se faire et non par la pression économique », souligne Erwan Le Moigne, avocat des expulsables. Maigre répit qui n’empêchera pas les opposants à se mobiliser lors d’une journée nationale prévue le 27 février pour « exiger l’abandon définitif du projet », relaye le Réseau action climat, le 25 janvier. Du côté des « pro-aéroports », le président PS du département de Loire-Atlantique, Philippe Grosvalet a appelé au démarrage du chantier « dès février ». Il devrait avoir le soutien de Bruno Retailleau (LR), président de la région Pays de la Loire, qui a appelé à respecter la décision de la justice.

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Silence de l’Élysée

D’un côté comme de l’autre, une déclaration du président de la République était attendue. « La suite des événements dépend aujourd’hui de l’État et de sa volonté, ou non, de faire disparaître des exploitations agricoles et d’expulser des familles de chez elles », lançait la Confédération paysanne réaffirmant ainsi son soutien aux opposants du projet, le 25 janvier. Pour sa part, Alain Lustière, président de l’association des Ailes pour l’Ouest, appelait le chef de l’État et le Premier ministre à « lancer immédiatement ce projet et à évacuer la ZAD (zone à défendre) ». Silence radio à l’Élysée. Ce sera Matignon. « Oui, ce projet est nécessaire pour des raisons économiques, pour le Grand ouest. […] Il doit avancer », a déclaré le Premier ministre Manuel Valls, lors de la séance des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, le lendemain. Il a ajouté : « Il y aura un rendez-vous. Ce sera à l’automne […]. Avançons sur ce projet-là, explique M. Valls en concluant que respecter la parole du président de la République. C’est conforme à l’idée que je me fais de l’État de droit ».

Les opposants au projet veulent organiser une mobilisation nationale le 27 février prochain.