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Notre-Dame des Landes : le bras de fer se poursuit

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Les habitants de Loire-Atlantique se sont prononcés, le 26 juin, pour la construction de l’aéroport de Notre-Dame des Landes. Malgré la victoire du « oui » à la consultation locale, la situation semble rester bloquée : les opposants au projet ont annoncé qu’ils poursuivraient leur mobilisation. "La ZAD sera évacuée", annonce François Hollande.

« La démocratie a parlé », a déclaré Manuel Valls le 26 juin, à l’issue du dépouillement de la consultation publique qui invitait les habitants de Loire-Atlantique à s’exprimer sur l’opportunité de la construction de l’aéroport de Notre-Dame des Landes. Le camp des pro-aéroport venait alors de remporter le référendum, avec 55,17 % des suffrages, soit 50 000 voix de plus que les opposants au projet. Si pour le Premier ministre, les résultats de cette consultation tranchent « définitivement le débat », les anti-aéroports comptent bien maintenir la pression. « La participation a été significative et le résultat a été clair. Les travaux s’engageront prochainement dans le respect du droit et la ZAD sera donc évacuée », déclarait le président de la République François Hollande dans une interview au quotidien Les Echos..

Un référendum « démocratique » ou « biaisé » ?

Pour Manuel Valls, le référendum « constitue une innovation démocratique qui a permis d’associer les citoyens de Loire-Atlantique à cette décision importante ». Les détracteurs du projet – Confédération paysanne, France Nature Environnement et Europe Écologie les verts au premier rang – dénoncent de leur côté une consultation « biaisée ». « Sur un projet d’envergure nationale, c’est une consultation nationale qui s’imposait », affirme Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne. Chez Europe Écologie les verts, on déplore une « procédure inéquitable », tandis que France Nature Environnement estime que la consultation était « faussée » de par le périmètre géographique retenu, qui « n’était pas le bon », mais également du fait du caractère imprécis de la question : « êtes-vous favorable au projet de transfert de l’aéroport de Nantes-Atlantique sur la commune de Notre-Dame des Landes ? ».

Doutes sur la reprise des travaux

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« Nous n’allons pas cesser […] d’habiter, de cultiver et protéger ce bocage », affirment les opposants au projet d’aéroport

Alors qu’elle défendait, il y a quelques semaines encore, un projet de plus petite envergure, Ségolène Royal, s’est ralliée au Premier ministre qui souhaite que les occupants illégaux du site quittent les lieux avant le début des travaux. Le Syndicat Mixte Aéroportuaire du Grand Ouest, présidé par Bruno Retailleau, attend désormais que « le gouvernement respecte sa parole et fixe sans délai le calendrier opérationnel du démarrage des travaux », prévus à l’automne. Mais chez les opposants au projet, on ne l’entend pas de cette oreille. « Nous n’allons pas cesser […] d’habiter, de cultiver et protéger ce bocage » affirmaient-ils dès les résultats du scrutin dévoilés. « Il n’y aura pas d’aéroport à Notre-Dame des Landes », poursuivaient-ils encore, déterminés.

Les opposants y croient encore

Les opposants au projet espèrent encore que François Hollande l’annulera. Pour Laurent Pinatel, ce référendum n’était finalement qu’« un avis […] qui va contribuer à sa prise de décision », a-t-il affirmé au micro de Sud Radio le 28 juin. « Le 55 % (de voix pour le oui, NDLR) n’est pas suffisant pour faire pencher la balance vers la reprise des travaux », estime le porte-parole de la Confédération paysanne qui énumère aussi les arguments contraires au projet : l’engagement pris par la France à la Cop21 de diminuer les émissions de gaz à effet de serre, mais également la promotion, par le ministre de l’Agriculture, du maintien de la biodiversité. Car à Notre-Dame des Landes, « il n’y a pas que des Zadistes », a rappelé Laurent Pinatel, « il y a aussi des paysans qui ont des projets » agroécologiques.