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Interview : Jean-Luc Pelletier, Délégué général de l’Usipa « Nous allons redoubler de vigilance en 2006 »

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Après une semaine passée à Hong Kong, pour suivre les négociations OMC au nom de l’Association nationale des industries agroalimentaires (Ania), Jean-Luc Pelletier estime que les IAA ont évité le pire. Le délégué général de l’Usipa (produits amylacées) souligne la fermeté du commissaire européen Peter Mandelson malgré la pression de ses homologues.

Agra alimentation. Etes-vous satisfait de l’horizon 2013 et non 2010 pour la fin des restitutions à l’exportation décidée à Hong Kong, le 18 décembre dernier ?

Jean-Luc Pelletier. Non. Nous ne souhaitions pas qu’une date soit fixée sans garantie de réciprocité de la part des autres partenaires et de cohérence avec les autres volets de la négociation. Le parallélisme reste à préciser dans les prochains mois. Il fait partie du programme de travail du premier semestre 2006. En ce qui concerne la cohérence, il n’en a pas été question à Hong Kong. Tout reste à faire dans le domaine des soutiens internes et de l’accès au marché.

Il est évident que 2013, c’est mieux que 2010. Mais nous allons redoubler de vigilance et rappeler à la Commission que l’échéance de 2013 est conditionnée au parallélisme des autres pays développés sur ce point. Je suis d’ailleurs déçu que l’accord ne fasse aucune référence aux marketing loans et aux paiements contra-cycliques.

Certains craignaient que Hong Kong soit une « grande braderie ». Etait-ce l’ambiance, la semaine dernière ?

Ce n’était pas du tout le cas. J’ai été frappé par la détermination du commissaire Peter Mandelson, confirmée par les ministres français. Il a été très ferme durant toute la négociation notamment pour s’opposer jusqu’au bout à toute date finale, obtenant in fine 2013 et non 2010. L’accord n’est pas satisfaisant, mais il aurait pu être pire vu l’intransigeance de nos partenaires.

A la fin du cycle de négociation de Doha, pensez-vous que les industries agroalimentaires vont sortir renforcées ou affaiblies ?

L’industrie agroalimentaire est très diverse et est constituée aussi bien par quelques grands groupes que par un nombre incalculable de petites et moyennes entreprises. Il est d’autant plus difficile de trouver des équilibres que les problématiques au sein de chaque secteur sont très différentes en fonction des matières premières transformées.

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Le lait, le sucre et les céréales ont trois calendriers de réforme interne spécifiques. Pour le sucre, la réforme de la Pac est faite et sera effective en 2014/2015. Elle est en cours pour le lait et fixée par la réforme de 2003 pour les céréales.

Les clefs défensives et offensives sont propres à chaque secteur en fonction du niveau de fermeture du marché communautaire pour les matières premières et la protection pour les produits transformés.

A votre retour d’Hong Kong, avez-vous des regrets ?

Notre regret est que cette réunion destinée à être une étape clé de ce qui est appelé le round du « développement » ait consacré une fois de plus autant de temps et d’énergie sur le dossier des subventions à l’exportation. Notre premier intérêt dans la négociation à l’OMC est offensif : l’accès au marché des pays tiers. Et c’est l’élément négatif de Hong Kong. Nous n’avons pas réussi à nous attaquer véritablement au problème de développement des pays pauvres. Une distinction est toujours faite entre les pays développés et les pays en développement, parmi lesquels on classe des pays aussi divers que le Brésil, l’Inde ou le Ghana.