Le conseil décentralisé annuel des chambres d’agriculture qui a rassemblé une vingtaine de présidents s’est tenu en Seine-et-Marne du 6 au 8 juillet. Au programme de ces deux jours d’échanges, une escapade à Provins, ville médiévale où Christian Jacob, le nouveau ministre délégué aux PME est maire depuis 2001. Il a accueilli les présidents qui ont poursuivi les festivités par une visite du Marché de Rungis. La réforme de la Pac décidée à Luxembourg provoque des soucis aux agriculteurs mais aussi au président de la Semmaris (société gestionnaire du MIN).
Le Marché de Rungis est pour le président de la Semmaris, Marc Spielrein, un « combat pour un système de valeurs » : la consommation de produits frais, la segmentation en faveur de la qualité, la mise en avant de la tradition et du terroir et le respect des prix. « Je suis contre les marges arrière et la massification des produits», déclare le président. Les cinq centrales d’achats françaises n’ont qu’à bien se tenir. « Il est clair que nous n’avons pas la puissance de feu nécessaire pour moraliser les pratiques des GMS, explique Marc Spielrein, mais on essaie de faire des chaînes de distributions avec des règles différentes ». Quant à l’accord du 17 juin obtenu par Nicolas Sarkozy, ministre de l’Économie, qui vise à moraliser les pratiques commerciales de la grande distribution, « on ressasse les vieilles lunes», tranche sévère le président de la Semmaris.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Atout cœur
Au fil des années, Rungis est passé « d’un marché de dégagement » à « des produits cherchant à être valorisés ». Les agriculteurs constituent dans cette évolution « un atout cœur» pour Rungis, selon l’expression d’un président de chambre. Pour preuve, il y a moins de 15 jours, un nouveau bâtiment pour les producteurs de légumes, le « carreau », a été inauguré. L’investissement se monte à 2,7 millions d’euros. Jusqu’ici, les quelque 80 producteurs, en majorité de la Seine-et-Marne et de l’Essonne, étaient plutôt mal lotis sous des hangars ouverts au vent. Regrouper leur offre permet d’être plus fort et cohérent en matière de communication et de traçabilité. Reste que la réforme de la Pac de Luxembourg est une « source d’inquiétude» pour les agriculteurs, mais aussi pour le président de la Semmaris. « Nous devons vendre pour produire », affirme Luc Guyau. « La PAC par rapport aux futurs comportements des agriculteurs nous donne quelques soucis », avoue le président de l’APCA. Toutefois, Marc Spielrein voit aussi dans cette PAC « une excellente opportunité si elle favorise les productions de qualité que le marché de Rungis sait tout particulièrement mettre en valeur ».