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Henri Bies-Péré, président des Adasea « Nous voulons être reconnus comme organisme de conseil agricole »

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Henri Bies-Péré, président du comité de liaison des présidents d’Adasea, partage globalement les idées du rapport du Coperci, même s’il n’est pas d’accord sur certaines propositions, notamment le fait de se limiter aux missions de service public. Il revendique le rôle de « conseil agricole » des Adasea, afin d’aider les agriculteurs à mieux appréhender les textes réglementaires.

Le Coperci constate dans son rapport qu’il existe parfois une confusion entre les missions de service public et les prestations privées. Partagez-vous ce constat ?

Il est vrai que l’on peut se poser la question. Nous avions pointé du doigt ce problème dans un audit dès 2002, et nous avons d’ailleurs commencé à corriger le tir. Dans bon nombre d’Adasea, les agents qui assurent le conseil et ceux qui instruisent les dossiers administratifs sont différents. Nous avons même lancé une démarche qualité pour aboutir en janvier 2008 à une certification Iso 9001, afin de garantir une étanchéité entre les deux activités.

Le Coperci considère que les Adasea exercent une concurrence déloyale envers d’autres OPA, notamment les chambres d’agriculture. Que répondez-vous ?

La subvention du Cnasea redistribuée aux Adasea ne couvre pas le temps que les agents passent pour assurer la mission de service public. De plus, l’enveloppe est régulièrement diminuée, sans remettre en cause aucune mission. Les Adasea ne dégagent pas de marge suffisante pour se permettre de faire du dumping sur les prestations privées. Là encore, depuis plus d’un an, nous avons commencé à mettre en œuvre des procédures et des outils pour garantir la différence entre service public et privé.

Quel est votre point de vue sur les propositions du Coperci pour améliorer le fonctionnement des Adasea ?

Nous regrettons que le Coperci n’ait pas tenu compte des besoins des agriculteurs : les textes réglementaires sont de plus en plus difficiles à appréhender et il y a un besoin considérable de conseil sur le terrain. Nous voulons être reconnus comme organisme de conseil agricole, dans le cadre de la réforme de la Pac  NDLR : Dans le cadre de la Pac, le ministère de l’Agriculture doit, au plus tard le 1er janvier 2007, désigner le ou les organismes officiellement habilités à faire du conseil agricole. L’enjeu est de taille. Actuellement, les prestations privées représentent 35 % des ressources des Adasea.. Nous sommes les seuls à être allé aussi loin dans le développement d’outils informatiques d’aide à la décision, notamment en cartographie, qui prennent en compte le respect de l’ensemble des réglementations (Pac, paquet hygiène, directive nitrate, Natura 2000, …). Par ailleurs, la position du Coperci s’opposant à la constitution d’Arasea ne nous satisfait pas, car il est essentiel pour nous d’avoir un interlocuteur au niveau régional auprès du préfet de région et du Conseil régional. C’est désormais à cet échelon que les décisions politiques se prennent.

En revanche, nous sommes heureux que l’idée d’un guichet unique à l’installation ait été retenue, car nous avons un vrai savoir-faire dans ce domaine. Ce serait une orientation forte si on réussissait à identifier un seul acteur sur le terrain pour l’installation. Les Jeunes agriculteurs y sont favorables.