L’Alimentation avant l’Agriculture et la Pêche : on a bouleversé l’ordre des facteurs mais il ne faut pas y voir le moindre changement. Sans doute, avec ce nouvel intitulé, le ministère que Michel Barnier transmet à Bruno Le Maire va devoir modifier tous ses papiers à en-tête mais pour le reste, la continuité prévaut. On avait vu, en effet, ces derniers mois la mise en avant du thème « sociétal » de l’alimentation (sécurité, qualité, bio, éducation à la nutrition, accessibilité des fruits et légumes, …) qui figurait en première ligne des actions qualifiées d’« innovantes » de la rue de Varenne. Et la réforme des services régionaux et départementaux avait anticipé cette même sémantique qui, soi dit en passant, ignore quand même la dimension proprement « économique » de la première industrie française qu’est l’industrie agroalimentaire.

Surtout on ne prévoit pas de rupture, puisque le remaniement fait succéder à un ancien commissaire européen un ancien secrétaire d’Etat aux affaires européennes. Quelques nuances tout au plus, s’agissant d’un diplomate formé à l’école de Villepin et d’un partisan de l’axe franco-allemand au sein de l’UE. Bruno Le Maire hérite d’une feuille de route très « européenne » liée aux deux débats majeurs de la Pac 2013 et du budget de l’Union. Le tout devant être préparé par une loi de modernisation agricole et agroalimentaire que Nicolas Sarkozy avait annoncée pour la fin d’année. Le ministre n’échappera pas non plus aux urgences, comme ces six chantiers ouverts la semaine dernière autour de la crise du lait et du partage plus général de la valeur ajoutée entre agriculteurs, industriels et distributeurs.

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