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Biotechnologies Nouveau fauchage de tournesols non-OGM

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Une parcelle de tournesols « mutés » a été détruite le 28 août par des faucheurs volontaires qui dénoncent des « OGM cachés ». La technique utilisée pour créer ces variétés n’a pourtant rien à voir avec la transgénèse. L’Inra et le CNRS s’apprêtent à rendre une expertise collective sur le sujet et notamment leur impact sur l’environnement.

Un nouveau fauchage de tournesols non OGM mais ayant fait l’objet d’une mutation accélérée a eu lieu dans la Drôme le 28 août. Un groupe de « faucheurs volontaires » a détruit une parcelle de tournesols « mutés », une action destinée à dénoncer des « OGM cachés ». Dans un communiqué adressé à l’AFP, les « faucheurs volontaires » soulignent que leur action a été menée par un groupe constitué de 100 à 150 personnes. Aucune interpellation n’a eu lieu. La parcelle visée portait sur une variété de tournesols tolérante à un herbicide utilisé dans la lutte contre l’ambroisie et avait été présentée lors d’une visite officielle le 21 juillet. Il s’agit du deuxième fauchage en Rhône-Alpes en un mois. Les faucheurs volontaires dénoncent « la volonté des semenciers de ne pas informer les paysans producteurs de tournesol sur la vraie nature de ce tournesol, ces semences étant étiquetées comme issues de sélection classique ».

Bientôt une expertise scientifique collective

Les tournesols incriminés ont fait l’objet d’une mutation accélérée (en utilisant des méthodes chimiques – agents oxydants par exemple – ou physique – rayon ultraviolet…) mais ne constituent pas des OGM car ils n’ont pas connu de transgénèse (introduction d’un gène étranger à la plante). Cette technique permet d’obtenir des mutations au hasard sur les plantes comme cela peut arriver dans la nature. Parmi ces plantes mutées artificiellement, les sélectionneurs recherchent celles qui peuvent présenter un intérêt agronomique comme la résistance à un herbicide.
L’Association française des biotechnologies végétales (AFBV), qui dénonce cette destruction, rappelle dans un communiqué que « la technique de la mutagenèse est pratiquée dans le monde entier depuis plus de cinquante ans pour améliorer les plantes, et les variétés qui en sont issues sont utilisées tant en agriculture conventionnelle qu’en agriculture biologique ». Le Comité parlementaire de suivi du risque ambroisie a également condamné cet action estimant que « détruire des tournesols qui constituent une avancée dans la lutte contre l’ambroisie est scandaleux. Jusqu’à maintenant, les agriculteurs étaient démunis pour lutter contre cette plante invasive et allergène ».
Le CNRS et l’Inra présenteront le 4 octobre prochain les conclusions d’une expertise scientifique collective conduite conjointement à la demande des ministères de l’Agriculture et de l’Écologie, sur ces variétés végétales tolérantes aux herbicides qui se développent depuis peu en France. L’étude devrait apporter des éléments sur les effets de leur utilisation sur la gestion des mauvaises herbes et l’emploi d’herbicides, et plus largement les évolutions des systèmes de production associés à ces variétés, au plan économique et environnemental.

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