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Prix du lait Nouvel échec des négociations interprofessionnelles

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Après l’échec du comité de suivi du prix du lait le 22 janvier, la réunion de l’interprofession du 3 février n’a pas non plus abouti à un accord. À l’issue de plus de cinq heures de négociations, les trois familles de l’interprofession (CNIEL) se sont quittées dans la nuit du 3 au 4 février sans nouveau rendez-vous. Les tentatives de rapprochement entre transformateurs et producteurs étaient toujours à l’ordre du jour avant la réunion du 10 février avec le ministre de l'Agriculture.

La réunion de la dernière chance le 3 février avant la table ronde ministérielle du 10 février a regroupé l’interprofession laitière composée de ses trois familles professionnelles : les producteurs (FNPL), les transformateurs privés (FNIL) et coopératifs (FNCL). La Confédération paysanne s’était invitée pour l’occasion jugeant que cette réunion de crise devait être ouverte à l’ensemble des producteurs de lait. Cette réunion particulièrement incertaine quant à son résultat pouvait aboutir à trois scénarios : un accord, pas d’accord ou la poursuite des négociations le lendemain. Finalement cette réunion de plus de 5 heures a été un échec. Les protagonistes se sont quittés sans reprendre rendez-vous.

Une baisse de 15 euros/1000 litres sur 2004

Du côté des producteurs réunis au sein de la FNPL, on regrettait que les positions de départ des industriels (-18 euros/1000 litres), du 22 janvier n’avaient finalement que peu changées par rapport au 3 février. Pour la FNPL, après 5 heures de négociation, les dernières propositions des transformateurs étaient encore loin d’être acceptables. La baisse du prix du lait proposée pour le 1er trimestre se chiffrait entre -10 et -11 euros par 1 000 litres. Ce chiffre prend en compte l’évolution des index, sans lissage à 50 %, auquel s’ajoute un « recalage» à -4 euros par 1 000 litres. Pour les trimestres suivants le recalage proposé par les transformateurs allait en augmentant pour atteindre -8 à -10 euros par 1 000 litres, selon la FNPL. Au quatrième trimestre 2004 une baisse «prévisible» du prix du lait de plus de 20 euros/1000 litres était évoquée. Les industriels estiment la baisse du prix du lait sur 2004 à - 15 euros/1000 litres.

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Une «cotisation de solidarité »

Un communiqué de la FNCL et de la FNIL, souligne que «pour sortir de l’impasse», les transformateurs ont proposé «en dernière minute une solution s’appuyant sur deux principes novateurs». Il s’agit de construire «un indicateur PGC (produits de grande consommation à l'export et marché intérieur) et un indicateur pour les produits industriels, applicables en fonction du mix-produit des entreprises. Par ailleurs, les transformateurs proposent de «mettre en place une cotisation de solidarité des producteurs, pour limiter les écarts de prix du lait entre les producteurs selon les régions ou les entreprises».

L’heure est à la mobilisation

Après ce nouvel échec, la FNSEA, la FNPL et les JA appellent « les producteurs à durcir et à élargir les actions pour amener les transformateurs à une vraie négociation » précise un communiqué. « La situation est grave, l’heure est à la mobilisation » poursuit le syndicalisme majoritaire qui dénonce « la seule logique comptable des transformateurs ». « Rien n’a permis d’ébranler leurs exigences, basées sur le prix du lait le plus bas dans le seul but d’assurer la rentabilité des produits laitiers les moins valorisés ». Lactalis qui « doit assurer le paiement des livraisons du mois de janvier a décidé d’une évolution du prix du lait de moins de 9 euros/1000 litres pour le premier trimestre 2004 », a fait savoir le groupe par communiqué. La FNPL « dément formellement que cette baisse soit le résultat d’une négociation et d’un accord avec la FNPL ».