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OCM vin  Nouvelle alerte devant la sous-utilisation de l'enveloppe viticole

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Les professionnels français du secteur viticole sont de nouveau en alerte devant la sous-utilisation de l'enveloppe nationale viticole de 280 M€, a indiqué le 17 juillet Jérôme Despey, président du conseil spécialisé viticole de FranceAgriMer. L'enveloppe doit avoir été utilisée le 15 octobre.

COMME l'an dernier à la même époque, les décaissements octroyés aux producteurs, aux coopératives et au négoce accusent un retard. Les professionnels, réunis au conseil spécialisé de FranceAgriMer le 16 juillet, ont été nombreux à intervenir sur ce thème, demandant explications et garanties. « Nous avons prévenu que l'intégralité de l'enveloppe doit être utilisée. Il est hors de question que les 280 M€ prévus pour la filière vitivinicole française par l'OCM vin communautaire ne soient pas utilisés », a souligné Jérôme Despey.

Un retard essentiellement technique

À la mi-juillet, 101 M€ ont été décaissés sur les 280 M€. Un bug informatique à FranceAgriMer explique une partie de ce retard. Lequel serait moins préoccupant que l'an dernier, car de nature essentiellement technique. Des dizaines de millions d'euros seront versés dès la semaine prochaine du fait du système d'avance des aides. L'an dernier il avait fallu plusieurs demandes de Stéphane Le Foll, et une intervention du président de la République pour obtenir de Bruxelles le passage du taux d'avance de 20 à 50% pour les aides à l'investissement. Cette année, le taux est de 50%. « De tout temps, les décaissements les plus forts se font entre juillet et octobre. Le pic des paiements devrait avoir lieu entre maintenant et octobre », a précisé Jérôme Despey. « Mais nous suivrons semaine après semaine le rythme des décaissements », a-t-il annoncé.

Au 16 juillet, l'utilisation de l'enveloppe destinée par l'UE à la filière vitivinicole française était la suivante : 28,9 M€ au titre de l'investissement, 32,8 M€ au titre de la promotion du vin dans les pays tiers, 37,2 M€ au titre de la restructuration du vignoble et 2,7 M€ au titre des prestations viniques, a indiqué Anne Haller, déléguée des filières viticole et cidricole à FranceAgriMer. Soit 101,6 M€ au total.

La France n'a pas profité de l'essor des importations allemandes, britanniques et américaines

LA France n'a pas profité de l'essor des importations allemandes, britanniques et américaines de vin, montre une étude présentée par FranceAgriMer à son conseil spécialisé viticole du 16 juillet. Cette étude qui fait le point sur les positions de la France et de ses concurrents dans les importations allemandes, britanniques, américaines et chinoises, porte sur l'année 2013.

Le grand voisin de la France, l'Allemagne, a vu ses importations de vin progresser de plus de 30% depuis 2000. Sur ce marché où les vins européens dominent, la France n'a pas augmenté ses exportations. Au contraire, celles-ci sont passées de 2,8 millions d'hectolitre (Mhl) en 2000 à 2,6 Mhl en 2013. Même en valeur, la France est dépassée par l'Italie : celle-ci a exporté pour 931 M€ de vin en 2013, là où la France n'a réalisé que 682 M€, a relevé Axelle Cloarec, chargée d'études à FranceAgriMer. L'Allemagne, il est vrai, a développé ses achats de vin en vrac, qui n'est pas le domaine de prédilection de la filière française, la France vendant surtout en bouteilles.

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Sur le marché britannique, la France a perdu 10 points en 13 ans avec 16% des parts de marché contre 21% pour l'Italie, dont les volumes ont augmenté d'un tiers. Sur ce marché où les prix moyens ont augmenté depuis quinze ans, l'Hexagone représente encore 37% des importations en valeur, avec un prix moyen de 7 euros le litre contre 2,50 euros pour la moyenne des vins importés.

C'est sur le marché américain que la France a subi la perte la plus importante: 27% des parts de marché en volumes en 2013 contre 36% en 2000, alors que les importations de vins ont bondi de 4 Mhl à près de 11 Mhl. La France, qui était en 2e position en 2000 derrière l'Italie est désormais le 4e fournisseur des Américains, derrière l'Italie, l'Australie et le Chili.

Plus de 25 000 hectares de vigne grêlés depuis le début de l'année

Plus de 25 000 hectares de vigne ont été grêlés depuis le début de l'année, a indiqué Philippe Janvier, chargé d'études économiques de FranceAgrimer, le 17 juillet, au lendemain de son conseil spécialisé viticole. Dans le bassin du cognac, 7 000 à 7 500 hectares ont été grêlés au moment de la Pentecôte. Dans le Médoc 1 600 hectares au même moment. En Bourgogne (Côtes de Beaune, nord mâconnais) 5 000 hectares le 28 juin. Et en Languedoc-Roussillon 12 000 hectares le 6 juillet. Soit un total de 25 600 à 26 100 hectares.

Devant la répétition des épisodes de grêle en Bourgogne, des vignerons sont en train de tester les filets para-grêle, cherchant à vérifier si ces filets ne génèrent pas un effet de serre ou un frein à la ventilation, qui seraient propices au développement des maladies. Autrement dit pour savoir si les filets para-grêle pourraient être inclus dans les cahiers des charges des AOC et IGP (appellations d'origine contrôlée et indications géographique protégées). Les filets para-grêle sont très utilisés dans les vignobles du Chili et d'Argentine.

Le conseil spécialisé a fait le point sur l'état sanitaire du vignoble, qui est globalement sain après un hiver sans gel majeur et un printemps avec des températures douces. On observe peu de coulure des fleurs, écueil qui l'an dernier a fortement réduit les rendements. La floraison et la nouaison se sont déroulées dans des conditions « correctes ».