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Fruits et légumes Nouvelle campagne commune avec la Ligue contre le cancer

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L’interprofession des fruits et légumes frais (Interfel) et son agence de promotion Aprifel ont démarré à partir du 15 novembre une nouvelle campagne commune avec la Ligue contre le cancer. « Mangez des fruits et légumes ! Recommandé par la Ligue contre le cancer » : tel sera le message marqué sur des affichettes et des étiquettes fournies par la ligue.

L’opération durera un mois. L’an dernier, 70 millions de fruits et légumes frais avaient ainsi été « stickés », selon la Ligue contre le cancer. Cette année, ce seront 100 millions de produits qui seront ainsi estampillés du slogan de la ligue. L’année prochaine, la ligue « espère faire mieux encore en stickant davantage de produits ».

Un effet « établi scientifiquement »

La campagne a été reconduite au vu des bons retours de la campagne 2005 : les trois-quarts de la population se sont souvenus de l’opération, a mesuré l’Ifop. De plus, l’impact anti-cancer des fruits et légumes a été davantage perçu par la population après qu’avant la campagne : 36 % des Français se souvenant de l’opération ont cité spontanément le fait de manger des fruits et légumes comme susceptible de réduire les risques de cancers, tandis que ceux qui ne se souvenaient pas de l’opération n’ont cité ce comportement qu’à 17 %, a quantifié l’institut de sondage.

« Il est établi scientifiquement qu’une consommation quotidienne de fruits et légumes peut réduire de 20 à 30 % le nombre de cancers », a déclaré le professeur Henri Pujol, président de la Ligue contre le cancer.

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M. Pujol a mis en garde contre une tendance qui consiste à prendre des comprimés de vitamines et d’oligo-éléments plutôt que des produits alimentaires. Le message de la ligue est clair : « Les fruits et légumes ne sont pas des médicaments, une ordonnance de carotène ne peut se substituer à une carotte, la prévention ne rime pas avec privation ».

La hiérarchie des prix alimentaires passée au crible

La question des pesticides a été abordée. La Ligue contre le cancer « exige une transparence absolue et une information claire et vérifiée sur les produits phytosanitaires utilisés dans l’ensemble de la chaîne, du producteur jusqu’au distributeur » et que cette information soit « accessible à chaque consommateur ». La ligue s’interroge en premier lieu sur les effets des produits phytosanitaires sur les populations agricoles. Elle est partenaire dans une vaste étude de cohorte, Agrican, menée dans 12 départements pour rechercher, dans une population d’agriculteurs, les effets potentiels des expositions professionnelles aux pesticides, engrais et désinfectants.

Le problème des prix des fruits et légumes n’a pas échappé à la ligue. On sait que les dépenses en fruits et légumes frais augmentent avec le revenu et le niveau de diplôme, et que le fossé nutritionnel s’élargit entre les populations défavorisées et le reste de la société. « La structure actuelle des prix alimentaires ne semble pas favoriser la mise en application, par les populations défavorisées, des recommandations qui préconisent la consommation d’une alimentation riche en fruits et légumes », estime la ligue. Une critique voilée de la Pac actuelle sur le sujet de la hiérarchie des prix et des politiques, dont se sont déjà emparé plusieurs parlementaires français.