Dix-huit mois après avoir accepté de créer un certificat vétérinaire unique pour maintenir ses exportations de produits d’origine animale vers la Russie, l’Union européenne consent à ouvrir une partie de son système informatique de suivi des animaux à Moscou.
La Commission européenne espère réduire les entraves infligées par la Russie aux exportations de produits agricoles communautaires et surtout polonais depuis l’élargissement. Elle a ratifié un accord avec Sergueï Dankvert, le chef des services vétérinaires russes, le 4 avril à Vienne, qui va permettre aux autorités moscovites d’accéder au système informatique européen TRACES (Trade Control and Expert System).
Cette base de données, créée en avril 2004, permet à l’Europe de contrôler tous les déplacements d’animaux vivants ou de produits animaux. Elle sert à lutter plus efficacement contre les épizooties comme la grippe aviaire. Par ailleurs, des procédures communes de lutte contre la fraude et une coopération renforcée entre les autorités sanitaires et douanières des deux parties vont être mises en place.
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Maintenir de bonnes relations
En contrepartie, les Russes se sont engagés à respecter le principe de la régionalisation lors de la mise en place d’embargos sanitaires destinés à lutter contre la prolifération des maladies animales. Un second mémorandum, signé lui aussi le 4 avril, détaille les principes d’actions à prendre en cas d’épizootie. Mais la régionalisation n’est pas un concept nouveau dans les relations UE/Russie. Déjà sur le dossier de la grippe aviaire, les embargos imposés par la Russie à l’UE et inversement ont tous été régionalisés.
La concession faite par Bruxelles s’ajoute donc à celles de septembre 2004. Sous la menace d’un embargo pour l’ensemble de ses exportations de produits d’origine animale, l’Union européenne avait dû, sous la pression de Moscou, instaurer un certificat vétérinaire unique. Toutefois, il est dans l’intérêt des États membres de maintenir de bonnes relations avec la Russie, souligne la Commission européenne. Le marché russe représente environ un milliard d’euros pour l’agriculture communautaire.