Abonné

Nouvelle consolidation de la distribution avec Aura Retail

- - 3 min

Comme annoncé au printemps, Intermarché-Netto, Auchan et Casino ont créé leur alliance à l’achat : Aura Retail. La nouvelle entité rejoint les centrales d’achat européennes Epic et Everest. Les industriels s’en inquiètent.

À quelques semaines du début des négociations commerciales 2025, les distributeurs alimentaires Intermarché-Netto, Auchan et Casino annoncent, le 23 septembre, la concrétisation de leur alliance à l’achat pour dix ans, annoncée au printemps, avec la création d’Aura Retail. Dans la foulée de la création d’Aura Retail, les partenaires ont annoncé rejoindre les centrales d’achat européennes Epic et Everest pour négocier « auprès des plus puissants industriels multinationaux ». Aura Retail assure qu’elle poursuivra « avec discernement », les négociations « à l’échelle nationale » avec les TPE-PME.

Dans le détail, pour les achats alimentaires, l’alliance Aura sera composée de trois centrales d’achats pilotées par Intermarché. La première, « Aura Retail achats alimentaires », négociera avec « près de 200 industriels de marques nationales » pour les trois enseignes depuis Massy (Essonne). La deuxième, « Aura Retail international food services », sera basée à Bruxelles (Belgique) pour négocier « auprès des plus grands groupes industriels multinationaux des prestations de services internationaux ». Enfin, « Aura Retail private label » sera consacrée aux produits sous marque de distributeur (MDD). Les trois enseignes feront « des appels d’offres communs », précise le communiqué. Cette troisième centrale d’achat sera basée à Massy.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

distribution
Suivi
Suivre

L’industrie dénonce un contournement d’Egalim

En réaction à l’annonce de l’accord avec Epic et Everest, qui doit encore être approuvé par les autorités de régulation européennes, l’Ania (industries alimentaires) dénonce une alliance ayant pour objectif de « contourner » la loi française, et particulièrement les lois Egalim. « Les mauvaises pratiques de ces centrales sont réelles et désormais avérées : non-respect de la date butoir, non-respect d’Egalim et du principe fondamental de "sanctuarisation de la matière première agricole" », explique l’Ania. De son côté, Pact'Alim (ex-Adepale) souligne la « part de marché cumulée » d’Intermarché, Auchan et Casino (28,5 %). « Le renforcement de la puissance d’achat de ces enseignes aura nécessairement pour effet d’accentuer le déséquilibre qui existe d’ores-et-déjà entre les distributeurs et fournisseurs », alerte l’association de PME et ETI alimentaires.

Cependant, les distributeurs se défendent de toute volonté de contourner la loi. « Les enseignes de la distribution française qui négocient au sein de centrales européennes pour des distributeurs européens le font pour massifier leurs achats à destination de leurs marchés européens. Elles ne négocient qu’avec les plus grosses multinationales qui, pour beaucoup, ne s’approvisionnent pas ou peu auprès de l’agriculture française », réplique la FCD.

28,5 % de part de marché cumulée