La politique abrasive de Donald Trump pourrait chambouler les pièces du puzzle commercial mondial. Outre la remise en cause de l’utilité réelle de rencontres du genre sommet du G7 avec un tel partenaire, elle rend plus évidente la nécessité de nouveaux liens, par exemple un accord entre l’UE et le Mercosur, moyennant un échange de concessions généreuses du type automobiles contre produits agricoles. Car les États-Unis font feu de tout bois, notamment pour protéger leur agriculture et développer leurs exportations dans ce secteur. Derniers avatars : les droits prohibitifs sur les importations d’olives de table espagnoles, et les droits antidumping chinois sur la volaille du Brésil alors que Pékin est prié par Washington d’augmenter ses achats de produits américains. Dans le même temps s’amoncellent les rétorsions annoncées pour répondre aux taxes infligées par les États-Unis à l’acier et l’aluminium importés. Ces mesures devraient se chiffrer au total à au moins 3 milliards $ et frapper en particulier les exportations de… produits agricoles et agroalimentaires américains. Reste que, de la façon dont elles sont négociées, les coalitions qui pourraient permettre de faire face aux diktats du locataire de la Maison blanche rebutent assez souvent des secteurs professionnels qui estiment avoir plus à perdre qu’à y gagner. En Italie, le nouveau ministre souverainiste de l’agriculture vient d’annoncer que son pays ne ratifiera pas l’accord commercial entre l’UE et le Canada car il ne protège pas assez les indications géographiques. Difficile de remettre en ordre un commerce mondial de plus en plus perturbé.

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