L'an passé, les éleveurs, pris en étau entre un L-marché du lait moins porteur et des coûts de production élevés, avaient sollicité une médiation. Cette année, les industriels n'auraient pas dit non à un nouveau coup de pouce aux négociations. (Coup de pouce problématique au regard du droit de la concurrence et vis-à-vis de nos partenaires européens). Mais la crise de 2014 n'est pas tout à fait celle de 2013. Les coûts de production restent élevés mais le marché mondial des produits laitiers est beaucoup plus porteur. A l'aval, en revanche, on prend les mêmes et on recommence : la guerre des prix que se livrent les distributeurs est plus virulente que jamais. Ces derniers jours, certains distributeurs ont affirmé revoir leurs prix d'achat à la hausse. D'abord Leclerc, puis Intermarché, qui annonce une hausse des tarifs sur la base d'un prix du lait de 365 euros les 1 000 l pour sa Laiterie Saint Père. Un chiffre encore loin des 380 euros estimés comme justes par la FNPL. La semaine passée, la Fnil invitait ouvertement les éleveurs à manifester à l'occasion du salon de l'agriculture et Franck Riboud, président de Danone, appelait de ses vœux une solution politique. La FNPL a boudé ces demandes, refusant l'idée d'une médiation, et choisissant à la place de s'inviter dans les boxes de négociations. L'an dernier, la situation des éleveurs était critique. Cette année, celle des industriels ne l'est pas moins sur le marché français. Certes, bon nombre d'entre eux profitent de la bonne santé des marchés internationaux. Mais ces derniers ne peuvent pas soutenir l'économie laitière française sur le long terme. Elle doit être viable par elle-même, même si cela doit passer par des hausses de prix aux consommateurs.
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