Au moment où les négociations du cycle de Doha s’engagent sur les services, l’Union européenne tente de faire se relâcher la pression sur le volet agricole. Et ce malgré les déclarations du directeur général de l’OMC qui demande une offre améliorée de l’Europe.
Déjà lors de sa prise de fonction, certains industriels craignaient la maîtrise parfaite des lignes rouges européennes dans la négociation du cycle de Doha, par Pascal Lamy, l’ancien commissaire européen au Commerce. Cette crainte à l’égard du directeur général de l’OMC s’est une nouvelle fois confirmée ces derniers jours. Alors que l’Union européenne et les Etats-Unis se sont accordés pour ne plus bouger dans leur offre agricole tant que leurs partenaires n’auront pas fait de concessions sur les autres volets de la négociation, Pascal Lamy estime que l’UE peut encore « certainement améliorer son offre ».
« Le moment n’est pas venu »
Une déclaration qui tombe mal, à la veille d’une réunion entre l’Australie, le Brésil, les Etats-Unis, l’Inde, le Japon et l’Union européenne prévue à Londres, du 10 au 12 mars prochain. « Le moment n’est pas venu de revoir notre offre », a répliqué l’actuel commissaire au Commerce Peter Mandelson, lors de sa visite du Salon de l’agriculture, à Paris, le 25 février. Toutefois, « si certains veulent mettre plus sur la table, améliorer leur offre, je serai prêt à réétudier la nôtre », a-t-il déclaré. La Commission européenne cherche désormais à sortir de l’ornière agricole les pourparlers OMC, après une série de concessions jugées insuffisantes à l’extérieur, mais exorbitantes par certains pays membres de l’UE, au premier rang desquels, la France.
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« L’Europe tient bon »
L’Hexagone, avant la réunion de Londres, a d’ailleurs repris ses marques : le cycle de Doha « n’a pas pour but que quelques multinationales au Brésil et en Argentine viennent déverser leurs excédents dans notre pays alors qu’ils ne sont pas capables de nourrir leur population dont ils laissent vivre une partie sous le seuil de pauvreté », est parti à l’offensive Dominique Bussereau, au cours d’une interview. « L’Europe tient bon (…) la France tiendra bon jusqu’au bout », assure le ministre français.