Plutôt discrète, la laiterie de Saint-Malo fait actuellement parler d’elle pour un très gros investissement. La PME a déboursé 15 millions d’euros en trois ans pour se doter d’une nouvelle usine.
Partie de 5 000 mètres carrés, la Laiterie de Saint-Malo va désormais travailler sur 25 000 mètres carrés de superficie. Le déménagement est en cours. La PME investit non pour inonder le marché de produits fabriqués en masse et vendus à bas prix, mais pour muscler ses volumes de poudre de lait haut de gamme pour chocolatiers, ainsi que ses fabrications de produits frais et ultra-frais.
La Laiterie de Saint-Malo occupe de solides positions dans les poudres qu’elle livre partout en Europe, ainsi qu’au Japon. Son secret réside dans le mode de séchage, sur des rouleaux qui conservent au lait certaines vertus, notamment de texture, recherchées par les industriels chocolatiers. L’entreprise disposera de capacités de 25 000 tonnes en crête contre 16 000 tonnes aujourd’hui.
Des demandes à l’exportation
Le surdimensionnement du nouvel outil s’explique par la forte saisonnalité de l’activité poudre de la laiterie. « Sur une année, nous en fabriquerons plutôt 18 000 à 20 000 tonnes car nous travaillons essentiellement entre août à janvier pour satisfaire les fortes demandes de Noël et Pâques », explique Rémy Gizard, président du directoire. De fait, l’entreprise malouine ne collecte que 50 millions de litres de lait et achète selon ses besoins jusqu’à 80 à 90 millions de litres de lait en plus.
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La PME dont le capital se répartit à 50-50 entre la famille fondatrice Gizard, et la Laiterie nouvelle de l’Arguenon (LNA), filiale des groupes coopératifs Coopagri Bretagne et Terrena, investit aussi dans le frais et l’ultra frais. Elle possède une bonne image qualitative grâce à sa marque « Malo » apposée sur des fromages blancs aux fruits bi-couches, yaourts entiers aromatisés au citron ou à la vanille, petits suisses pour les références plus connues, qui représentent environ le tiers de l’activité. Sur ce créneau, la laiterie de Saint-Malo va porter ses capacités à 20 000 tonnes contre 12 000 tonnes aujourd’hui, et élargir ses gammes de produits.
La société envisage à terme un chiffre d’affaires de 80 à 90 millions d’euros contre 60 millions actuellement, en majorité à l’exportation « où il y a clairement de la demande », souligne Rémy Gizard. Elle emploie 110 personnes.