Abonné

Nouvelle Zélande : vers un nouvel accord commercial

- - 3 min

Lors de la visite de la Première ministre néozélandaise à Paris, Emmanuel Macron a confirmé son souhait de voir aboutir un accord de libre-échange entre les deux pays. Actuellement, les importations françaises depuis la Nouvelle-Zélande sont très largement dominées par les produits agricoles et agroalimentaires, ce qui peut inquiéter certains acteurs des filières alimentaires.

Lors d’une conférence de presse commune, à la suite de la visite de Jacinda Ardern, Première ministre néozélandaise, Emmanuel Macron confirme être favorable à la négociation d’un accord de libre-échange entre la Nouvelle-Zélande et l’Union européenne qui « soit conforme à la mise en œuvre de l’accord de Paris et qui inclut une exigence élevée en matière de responsabilité sociale et de bien-être pour tous ». Ces exigences permettront, selon lui, de répondre aux inquiétudes des agriculteurs qui « ne comprennent pas quand nous allons négocier avec des puissances qui n’ont pas les mêmes critères que le plan sanitaire ou environnemental et qui nous disent : "vous nous demandez des contraintes chez nous et vous allez autoriser ou faciliter l’importation de biens qui n’ont pas les mêmes contraintes". ».

Côté néozélandais, « la France est le 3e partenaire le plus important au sein de l’UE », rappelle la Première ministre qui souligne également que « la Nouvelle-Zélande a déjà un contingent au sein de l’Union européenne qui n’est pas atteint, alors que nous sommes un fort acteur dans le domaine de l’agriculture ».

Une économie libérale

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

La Nouvelle-Zélande a une tradition libérale forte qui constitue la pierre angulaire de sa stratégie économique. La direction générale du Trésor souligne que « l’objectif de cette stratégie est de garantir un meilleur accès aux marchés étrangers pour ses produits agricoles et agroalimentaires qui constituent 60 % de son commerce extérieur ». Aujourd’hui, le marché européen représente 19 % des importations de la Nouvelle-Zélande et 12 % de ces exportations (7,8 % en excluant le Royaume-Uni avec qui le pays entretient des liens privilégiés au sein du Commonwealth). Ainsi, la signature d’un accord de libre-échange entre les deux zones pourrait permettre à la Nouvelle-Zélande de rééquilibrer ces flux commerciaux en lui permettant de développer ces exportations.

Des importations agricoles et agroalimentaires

Selon les statistiques néo-zélandaises, la France est, en 2016, le 11e fournisseur et le 26e client de la Nouvelle-Zélande. Le pays à la fougère argenté a exporté vers la France 194 millions d’euros de produits agroalimentaires et 77 millions d’euros de produits agricoles, selon la direction générale du Trésor. Ces deux postes représentent 74 % des importations vers l’Hexagone en 2017. Le seul secteur des viandes représente un tiers des importations totales du pays vers la France soit 123 millions d’euros. Ensuite, les principaux produits importés sont les kiwis pour 45 millions d’euros et les produits laitiers pour 27 millions d’euros. En sens inverse, les machines agricoles et forestières sont le premier poste d’exportation de la France vers la Nouvelle-Zélande et comptent pour 52 millions d’euros.

"L’objectif est de garantir un meilleur accès aux marchés étrangers pour ses produits agricoles et agroalimentaires."