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UE-Russie Nouvelles exigences de Moscou

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A la veille de la reprise des négociations visant à mettre un terme à l’embargo imposé par la Russie aux exportations de produits alimentaires polonais, fixée unilatéralement par Moscou aux 12 et 13 mars, les autorités sanitaires russes jouent la surenchère. L’Union européenne est de nouveau sous la menace d’un embargo généralisé sur ses produits à base de viande.

La Russie a adressé, le 2 mars, à la Commission européenne un fax d’une page dans lequel elle lance un ultimatum à l’Europe qui viendra à échéance le 31 mars. Les services vétérinaires russes mettent sérieusement en doute la sécurité sanitaire des exportations européennes notamment en raison du principe de la libre circulation des marchandises au sein de la Communauté. Ils menacent d’arrêter les exportations européennes si les pays de l’UE ne présentent pas, d’ici à la fin du mois, les plans de contrôle de résidus de pesticides, de produits vétérinaires et de contaminants pour 2007 et les rapports d’inspections réalisés l’année passée. Cette demande n’est « pas déraisonnable », jugent les services de la Commission chargés du dossier. Toutefois, le 31 mars est précisément la date à laquelle les Etats membres doivent remettre leur copie à Bruxelles, une date butoir rarement respectée.

Par ailleurs, les autorités sanitaires russes motivent leur menace d’embargo par trois affaires qui ont provoqué, en 2006, le déclenchement du système d’alerte rapide européen pour l’alimentation humaine et animale : l’arrivée en Russie de viande de parage d’Italie via la France, de conserves de poisson contaminées en provenance de Lettonie et de Lituanie et de viande avariée hongroise via la Pologne et l’Ukraine.

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Moscou accuse aussi l’Europe de ne pas l’avoir alerté sur des exportations de lots de viande contaminés par des salmonelles en provenance d’Allemagne (44 lots), de Belgique (30), des Pays-Bas (16) et de France (15). La Russie affirme avoir mis en garde ces pays par courrier, en juin 2006.

La Commission examine actuellement, avec les Etats membres, de quelle façon elle peut répondre aux nouvelles exigences de Moscou. Elle se montre relativement confiante sur l’issue des négociations mais, selon des experts, de nouveaux fournisseurs tels que le Brésil ou les Etats-Unis pourraient rapidement permettre à la Russie de se passer des produits européens faute d’accord. La menace d’un embargo est donc jugée bien « réelle ».