Une fois finalisé, l’accord de libre échange UE/Japon, conclu le 6 juillet 2017, devrait permettre d’offrir de nouvelles opportunités d’exportations notamment au secteur agroalimentaire européen. En échange, le Japon obtiendra, entre autres, un accès beaucoup plus large au marché européen pour son industrie automobile.
Le marché japonais est très précieux pour les agriculteurs et les producteurs de denrées alimentaires de l'UE : avec des exportations annuelles d'une valeur de plus de 5,7 milliards d’euros, le Japon est déjà le quatrième marché de l'UE pour les exportations agricoles. Aux termes de l’accord de libre échange conclu le 6 juillet entre Bruxelles et Tokyo, progressivement, environ 85 % des produits agroalimentaires de l'UE (en termes de lignes tarifaires) seront autorisés à entrer au Japon en totale franchise de droits. Cela correspond à 87 % des exportations agroalimentaires actuelles en termes de valeur. Une fois finalisé, l'accord supprimera ou réduira considérablement les droits sur les produits agricoles pour lesquels l'UE a un grand intérêt à exporter, comme la viande de porc, principale exportation agricole de l'UE au Japon, permettant ainsi le commerce de viande de porc transformée en franchise totale et celui de viande de porc fraîche en franchise presque totale. Les droits sur la viande bovine seront ramenés de 38,5 % à 9 % sur une période de quinze ans pour un volume important de produits à base de viande bovine. Les exportations de vin de l'UE vers le Japon se chiffrent déjà à environ un milliard d’euros et représentent la deuxième exportation agricole de l'UE vers le Japon en valeur. Les droits sur le vin seront supprimés dès le premier jour, de même que ceux sur les autres boissons alcoolisées. A partir de 2018, les bières européennes pourront être exportées en tant que telles et non plus en tant que « boissons rafraîchissantes alcoolisées ». Elles seront également taxées de manière similaire, ce qui supprimera les différences de traitement.
Pour les exportations de fromage, secteur où l'UE est déjà le principal fournisseur sur le marché japonais, les droits élevés sur de nombreux fromages à pâte dure comme le gouda et le cheddar (atteignant aujourd'hui 29,8 %) seront éliminés et un contingent exempté sera établi pour les fromages frais comme la mozzarella. L'accord UE/Japon abolira (moyennant une période transitoire), les droits de douane sur des produits agricoles transformés comme les pâtes alimentaires, les chocolats, le cacao en poudre, les bonbons et confiseries, les biscuits, les produits dérivés de l'amidon, les préparations de tomates et la sauce tomate. Il y aura également d'importants contingents (exemptés ou à droit réduit) pour les exportations européennes de malt, de fécule de pomme de terre, de lait écrémé en poudre, de beurre et de petit lait. En ce qui concerne les indications géographiques, l'accord UE/Japon reconnaît un statut spécial, garant d'une protection sur le marché japonais, à plus de 200 produits agricoles européens d'origine géographique européenne spécifique, comme par exemple le Roquefort, l’Aceto Balsamico di Modena, le Prosecco, le Jambon d'Ardenne, le Tiroler Speck, la Polska Wódka, le Queso ou encore l’Irish Whiskey. Ces produits bénéficieront au Japon du même niveau de protection que dans l'UE.
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Premières réactions
Premier à saluer l’accord commercial entre l'UE et le Japon, le Copa-Cogeca a souligné l'impact bénéfique pour les secteurs européens de la viande et des produits laitiers, ainsi que pour le secteur vitivinicole et celui des produits transformés à haute valeur ajoutée. Il se félicite aussi du fait que le Japon ait accepté de reconnaître le système européen d'indications géographiques pour protéger les produits agroalimentaires de haute qualité face aux imitations. L'accord de principe UE/Japon, conclu le 6 juillet, ne constitue pas l'aboutissement du processus. Les deux équipes de négociation s'efforceront de parvenir à une finalisation rapide de l'accord. Cela est nécessaire pour que les prochaines étapes de la procédure d'adoption, à savoir la révision juridique puis la traduction dans toutes les langues officielles de l'UE, puissent bientôt démarrer. L’idée est de tenter d'achever la procédure à la mi-2018, pour viser ensuite une entrée en vigueur de l’accord finalisé au début de l'année 2019.