Pour la première fois depuis l’accord intermédiaire conclu le 1er août dernier, les 147 pays partenaires de l’OMC se sont retrouvés à Genève du 6 au 8 octobre pour reprendre leurs négociations sur le volet agricole. Répondant aux demandes du groupe de Cairns (Canada, Australie, Nouvelle-Zélande...) de réexaminer les critères de la « boîte verte » sur les subventions ne générant peu ou pas de distorsions sur les échanges, l’UE a notamment appelé à plus de « transparence » sur les pratiques anticoncurentielles des entreprises commerciales d’Etat de ces pays.
Le Néo-Zélandais Tim Groser, président du groupe de négociations agricoles à Genève, s’est félicité de « l’atmosphère constructive » du premier Comité sur l’agriculture depuis l’accord-cadre conclu cet été au cours duquel la plupart 147 pays membres de l’OMC ont notamment affiché leur volonté de s’entendre sur les modalités de l’accord à l’échéance de la Conférence ministérielle de Hong Kong en décembre 2005.
Durant ces pourparlers, les versements directs non liés à la production appartenant à la « boîte verte » ont été le principal sujet d’achoppement entre les pays industrialisés. L’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Canada pour le groupe de Cairns ont en effet particulièrement insisté sur la nécessité de réexaminer les critères de la « boîte verte » (subventions avec peu ou pas d’impact sur le commerce financées par des fonds publics et n’apportant pas un soutien des prix) et de s’assurer que les mesures qui en font partie aient des effets de distorsion des échanges et de la production nuls ou au plus minimes. Ils ont en outre mis l’accent sur l’effet « cumulatif » des subventions appartenant à la boîte verte, c’est-à-dire la possibilité que ces paiements directs non liés à la production stimulent les rendements des agriculteurs lorsque ceux-ci reçoivent aussi des subventions appartenant aux « boîte bleue » et « boîte orange » dont les mesures sont elles génératrices de distorsions des échanges. L’Australie a donc proposé des limites temporelles sur les paiements directs pour éviter aux agriculteurs d’établir leur production sur leurs attentes de soutiens futurs.
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En réponse aux exigences de révision des critères de la catégorie verte formulées par l’Australie, l’UE, soutenue par les Etats-Unis et les pays importateurs nets agricoles du G10 (Japon, Suisse, Corée du Sud...), a notamment appelé les membres du groupe du Cairns à s’engager plus avant dans un mouvement de réforme des pratiques génératrices de distorsions des échanges émanant de leurs entreprises commerciales d’Etat et à plus de « transparence » dans leur fonctionnement. Le Canada, l’Australie et la Nouvelle Zélande ont pour leur défense soutenu que leurs monopoles d’Etat offraient « plus de transparence que bien des entreprises privées n’en fournissent dans d’autres pays industrialisés ».