Désormais majoritairement détenu par l’espagnol Casa Tarradellas, Herta compte bien profiter de l’expertise industrielle de son nouveau propriétaire. Des synergies commerciales pourraient aussi voir le jour.
C’est un nouveau départ pour Herta : l’ancienne filiale de charcuterie et de plats traiteurs de Nestlé, aujourd’hui détenue à 60 % par l’espagnol Casa Tarradellas, est désormais une entité totalement indépendante de son ancien actionnaire suisse (qui détient toujours 40 %) depuis le début de cette année. La société se nomme désormais Herta Foods, avec son siège à Noisy-Le-Grand (Seine-Saint-Denis), ses deux usines, alsacienne et pas-de-calaisienne, et ses deux plateformes logistiques. Et elle est désormais pilotée par un nouveau p.-d.g. : Arnaud de Belloy a en effet pris sa retraite, laissant sa place à Marc Auclair, ancien dirigeant de United Biscuits, et plus récemment à la tête de Neuhauser, l’entité de boulangerie et viennoiserie industrielle de Soufflet qui vient de passer dans le giron d’InVivo.
« Herta Foods a réalisé un chiffre d’affaires d’environ 800 millions d’euros en 2021, dont 70 % en France, et le reste en Belgique, en Allemagne et au Royaume-Uni », détaille le nouveau p.-d.g. Herta jouit surtout d’une place de choix sur le marché hexagonal avec 1,03 milliard d’euros de chiffre d’affaires dans les grandes surfaces (sorties caisses). Dans les rayons, Herta est leader du jambon de porc (25,6 % de parts de marché valeur), des saucisses de Strasbourg (61,8 % de PDM valeur), des lardons (28,7 % de PDM valeur), des pâtes à dérouler (31,3 % de PDM valeur) et des croques (66,3 % de PDM valeur). La marque dispose d’une belle avancée dans la charcuterie sans nitrite dont elle détient 58 % de PDM valeur. C’est la marque la plus achetée par les consommateurs français depuis neuf ans.
Expertise industrielle
La prise de contrôle par Casa Tarradellas ne se traduira pas par des synergies à l’achat du porc. « On reste indépendants sur les approvisionnements », souligne Marc Auclair, rappelant que la France est le premier bassin d’approvisionnement en viande de porc. En revanche, des synergies pourront être mises en place pour la fourniture et la définition des besoins en équipements industriels. « Herta Foods a beaucoup à gagner de l’expertise de Casa Tarradellas en tant que référence sur la partie industrielle », selon Marc Auclair.
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La partie commerciale est aussi un domaine de coopération entre la maison mère et sa branche française. « Il n’est pas exclu qu’Herta Foods distribue des produits de Casa Tarradellas en France, de même qu’Herta pourrait être diffusé dans d’autres pays européens », annonce le p.-d.g. français. « On ne s’interdit rien si cela fait du sens vis-à-vis des consommateurs », poursuit-il. Il est vrai qu’avec une présence sur quatre marchés européens, Herta dispose d’un potentiel pour se lancer dans d’autres pays du Vieux-Continent. Les portefeuilles des deux sociétés ont des produits communs comme le jambon cuit, les lardons ou les pâtes à dérouler, d’autres non comme les croques (Herta), les pizzas, les pâtés ou le saucisson sec (Casa Tarradellas).
Grâce à son nouveau propriétaire, une société familiale basée à Vic, en Catalogne, qui ne communique aucun chiffre clé, pas même son chiffre d’affaires, Herta Foods va amplifier son programme d’investissement de 85 millions d’euros annoncé fin 2020. « Nous allons dépasser les 100 millions d’euros dans les deux ou trois prochaines années, investis dans l’augmentation des capacités des deux sites industriels, la garantie de la sécurité alimentaire et l’amélioration des conditions de travail grâce à l’automatisation de certaines tâches », détaille Marc Auclair.