Le maïs transgénique Bt10 commercialisé par erreur aux Etats-Unis pendant quatre ans contient un gène de résistance à l’ampicilline, un antibiotique utilisé régulièrement en médecine humaine et animale, selon de nouvelles révélations de la revue scientifique Nature. Les écologistes accusent son producteur, le groupe suisse Syngenta, d’avoir caché cette information.
En annonçant le 21 mars que des petites quantités de maïs Bt10 non autorisé avaient été vendues par erreur aux Etats-Unis de 2001 à 2004, Syngenta avait affirmé que cette lignée ne présentait pas de différence majeure avec son cousin Bt11, résistant à la pyrale et commercialisé dans plusieurs pays, puisqu’ils contiennent le même gène Bt Voir N°3000 du 28/03/05.. Or, le groupe suisse s’était gardé de préciser que la variété Bt10 contient un gène marqueur supplémentaire de résistance à l’ampicilline, un antibiotique utilisé en médecine humaine et animale dans certains cas spécifiques. La présence de ce gène « amp » a été confirmée à la revue Nature par une porte-parole de Syngenta. Sarah Hull a indiqué que cette information n’avait pas été mentionnée parce que ce gène n’est pas actif dans les plantes issues des semences Bt10 et parce que cet élément n’était « pas utile dans le débat sur la sûreté » de cet OGM. Elle a ajouté que les gènes de résistance aux antibiotiques sont utilisés depuis longtemps, qu’ils ont été « étudiés de façon extensive » et qu’ils ne posent « aucun danger pour les hommes ou les animaux ».
Pourtant, si la présence de ce type de gènes n’est pas un obstacle à la commercialisation aux Etats-Unis, elle est jugée globalement problématique par les experts européens. Dans un avis publié en avril 2004, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), avait estimé que l’utilisation de gènes marqueurs résistants aux antibiotiques tels que l’ampicilline devrait être limitée aux cultures expérimentales et interdite pour les OGM mis sur le marché Voir N°2955 du 26/04/04 et l’avis de l’EFSA à l’adresse internet : http : //www. efsa. eu. int/science/gmo/gmo_opinions/384_fr. html.
Pour Adrain Bebb du bureau européen de l’organisation écologiste Les Amis de la Terre, « les gouvernements du monde entier se sont faits avoir par Syngenta qui s’est évertué à minimiser l’ampleur réelle de son erreur gigantesque ». « La Commission européenne doit intervenir immédiatement pour s’assurer que des aliments non autorisés à la consommation humaine soient retirés de la chaîne alimentaire », a-t-il ajouté.
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