Abonné

Novamont inaugure une usine de bioplastique en Italie

- - 3 min

Le groupe chimique italien Novamont a inauguré le 19 octobre une usine de bioplastique d'une capacité annuelle de production de 100 000 tonnes à Patrica, à 75 km au sud de Rome. Le bioplastique est issu à environ 50 % de matières premières biosourcées, dont certaines sont délibérément produites sur des sols pauvres, afin de valoriser des zones de déprise.

Novamont a mis en service une usine d’une capacité annuelle de 100 000 tonnes dans la province du Frosinone, dans la région du Latium. Le bioplastique produit se présente sous la forme de billes de résine de biopolymères, destinés à être utilisées par les plasturgistes dans des secteurs variés (films plastiques pour l’agriculture, sachets de caisse, couverts en restauration rapide).

De l’huile de chardon cultivé sur des sols pauvres  

Cette usine utilise entre autres de l'acide azélaïque fabriqué à partir d'huile de graines de chardon cultivé sur des sols pauvres de Sardaigne et à partir du biobutadiol issu de la fermentation de sucres (saccharose ou glucose). Une partie du chardon est méthanisée, tandis que des chercheurs envisagent la valorisation de ses fibres en papeterie et de ses protéines en aliments du bétail.

Pour la fabrication du bioplastique, d'autres composants utilisés peuvent être biosourcés, tel l'acide succinique issu de l'amidon de blé ou de maïs acheté à des industriels tels les amidonniers français Roquette ou Tereos. En moyenne, le bioplastique issu des usines de Novamont titre entre 40 % et 100 % de tonnage biosourcé, « en majorité autour de 50 % », a précisé l’entreprise. La définition d’un bioplastique est son origine biosourcée dans une certaine proportion et son caractère biodégradable et compostable. L'usine de Patrica a été construite sur un ancien site pétrochimique, selon une volonté délibérée de Novamont. L'objectif du groupe depuis ses débuts en 1990 est de régénérer, par des activités nouvelles dans l’agriculture et dans l’industrie, des territoires touchés par la déprise agricole et la crise industrielle.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

L’usine de Patrica a été inaugurée en présence de Roberto Moncalvo, président de la Coldiretti, la fédération des exploitants agricoles italiens, et en présence de Davide Crippa, sous-secrétaire d’État italien au développement économique. Ce dernier a fait remarquer que l’Italie « est en retard par rapport à la France sur la taxation des activités polluantes et notamment de la mobilité ». Une allusion au dispositif fiscal français d’incorporation des biocarburants.

Catia Bastioli : « Gardons-nous de construire des cathédrales dans le désert »

Économie circulaire, versus économie linéaire

Le caractère durable de la bioéconomie ne va pas forcément de soi : « La bioéconomie peut avoir un rôle destructeur d'emploi et de l'environnement », a prévenu Catia Bastioli, directrice générale de Novamont. Cette dernière a voulu expliquer que la bioéconomie peut se révéler prédatrice des ressources naturelles et de génératrice de déséquilibres sociaux et territoriaux si elle ne prend en compte que ses propres intérêts financiers à court terme. « Gardons-nous de construire des cathédrales dans le désert », a-t-elle résumé. Elle a opposé la logique d’économie linéaire, qui prélève, transforme et génère des déchets, à celle d’une économie circulaire, qui fait que les « déchets » d’une activité sont ré-utilisés comme matière première pour une autre activité.