Deux rapports d’experts, l’un émanant de la banque néerlandaise Rabobank et l’autre du « think tank » Renaissance numérique, viennent de conclure d’une manière inattendue et optimiste quant aux conséquences de la numérisation sur la chaîne agricole et alimentaire. Ils estiment que le développement des technologies numériques (internet, gestion des grandes données dites Big Data, etc.) va ajouter de la valeur à l’acte de production agricole. La Rabobank évalue à 10 milliards de dollars par an au niveau mondial le bénéfice lié à la hausse des rendements que va faciliter la numérisation des techniques (drones, meilleurs traitements, économies de charges, etc). Le rapport de Renaissance numérique aborde aussi la question de la production et, surtout, estime que le lien plus direct entre consommateurs et producteurs va permettre à ceux-ci de capter une part plus grande de la valeur ajoutée. Elle permettrait aussi de rassurer un consommateur aujourd’hui inquiet sur sa nourriture, en lui assurant de mieux connaître la qualité et la santé des aliments. Le numérique, en somme, permettra d’avoir plus de circuits courts même avec des producteurs situés à des centaines de kilomètres. Et donc de se passer d’intermédiaires.

Ces conclusions sont résolument optimistes. Si l’on regarde d’autres secteurs, la numérisation a plutôt engendré une baisse de valeur des produits : la musique, la presse, les transports… l’offre a augmenté en grande quantité mais les valeurs unitaires ont plutôt baissé et les producteurs se sont plutôt appauvris.

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Qu’en penser pour les agriculteurs ? D’abord qu’il ne faut pas se faire de trop grandes illusions sur l’explosion des marchés et notamment le développement des circuits courts ; ensuite, qu’il leur faut utiliser la numérisation avant tout pour réduire leurs propres coûts de production. C’’est très largement par ce moyen, sans doute, que le monde agricole tirera le principal bénéfice de ces technologies indispensables à mettre en œuvre.