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Numérique : les coopératives tournées vers la création de valeur

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La révolution numérique « est-elle vraiment créatrice de valeur pour les coopératives ? ». Telle est la question soulevée lors de la conférence Les Echos du 20 septembre. Exemples à l’appui, le cabinet d’audit PWC a répondu par l’affirmative.

« Le numérique, l’agriculture de précision font partie des outils à mobiliser », a dit le DG d’Axéréal Philippe de Raynal : « Depuis dix à quinze ans, les rendements (en blé, NDLR) ne progressent plus, le taux de protéines baisse. Attention à ne pas se laisser endormir. » Axéréal fait partie d’un échantillon d’une douzaine de coopératives en France et à l’étranger que le cabinet PWC a audité sur les impacts et défis du numérique. Avant la présentation de l’étude au colloque Les Echos du 20 septembre sur la création de valeur, le groupe agro-industriel a plutôt été interrogé sur l’investissement dans l’aval de la filière. Grâce à des outils de transformation, Axéréal verse à ses adhérents 6 à 8 % d’intérêts selon les parts sociales, d’après Philippe de Raynal. Les usines Vivescia dégagent quant à elles 6 à 7 euros la tonne de blé produite dans le Grand Est : 1,5 Mt de céréales sont transformées au sein de la coopérative pour 10 M de dividendes, a indiqué le DG Alain Le Floch.

Plus qu’un gain comptable

La création de valeur par le numérique est encore loin de tels chiffres. Pour l’agriculture de précision, c’est « 100 à 200 euros/ha de revenu supplémentaire en grandes cultures », a estimé Stéphane Marcel, DG de l’éditeur de solutions web Smag (InVivo). C’est aussi « jusqu’à 40 % de réduction d’impact sur l’environnement », a-t-il ajouté. Stéphane Marcel, qui parle d’« agriculture mesurée » car « de plus en plus pilotée par les données », a ainsi défini l’apport du digital. Pour lui, le numérique n’est pas uniquement synonyme de gain sur le plan comptable, les exploitants en attendent plus de sérénité au travail, du temps de gagné.

Le cabinet d’audit PWC souligne dans son étude que « des initiatives digitales commencent à émerger dans les coopératives : les technologies d’agriculture de précision sont en plein essor, les données générées par l’agriculture sont collectées et analysées pour essayer d’extraire de la valeur, les liens de la coopérative avec les différents acteurs – notamment les adhérents – sont dématérialisés, le digital donne un nouvel élan à la traçabilité qui se veut de plus en plus de la fourche à la fourchette. »

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Un enjeu clé

La quasi-totalité des coopératives interrogées sont convaincues que le digital va « révolutionner le secteur ou faire évoluer très fortement les processus ». 100 % l’identifient comme un enjeu clé. Les coopératives ont déjà largement déployé des initiatives exploitant ces technologies, en cherchant principalement à créer de la valeur. Toutes accompagnent leurs adhérents dans l’utilisation d’une agriculture de précision et sont convaincues de l’intérêt des techniques employées. 90 % d’entre elles collectent, stockent et exploitent la donnée agricole pour mieux conseiller, d’après l’audit PWC. Toutefois, elles n’utilisent pas encore les données à des fins prédictives. 70 % ont renforcé, par le biais de services ou applications numériques, les relations avec leurs adhérents et leurs consommateurs. 50 % réfléchissent à une approche de gestion de la traçabilité plus poussée, du champ à l’assiette.

« Au-delà des évolutions et optimisations des processus existants via le numérique, (les coopératives) identifient des opportunités pour créer de la valeur complémentaire, qui doit rester au profit des adhérents », selon l’étude. « Les coopératives interrogées considèrent que, même si les technologies et les usages évoluent très vite, les principaux changements restent à venir ; il y a de la place pour l’innovation. »

L’agriculture de précision, c’est « 100 à 200 euros/ha de revenu supplémentaire en grandes cultures », d’après Smag