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Obésité : à revoir

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L’alimentation est devenue en moins de dix ans un terrain de choix pour les politiques de santé publique. Les erreurs nutritionnelles auxquelles notre pays avait échappé nous ont en effet en partie rattrapé. Mais les remèdes miracles n’existent pas et la plupart des maladies que l’on voudrait faire reculer en mangeant autrement (cancers, diabètes, risques cardiovasculaires,…) sont en réalité multifactorielles. Depuis ses débuts en 2001, le PNNS a surtout ciblé la montée de l’obésité – plus tardive en France qu’ailleurs mais non moins réelle ! A ce jour, les mesures prises ont eu peu d’effet : le nombre d’adultes obèses, que l’on voulait diminuer de 20 %, a en fait augmenté de 5 % chaque année. Et pourtant, beaucoup d’argent a été dépensé pour sensibiliser le public. Les professionnels ont été mis à contribution pour faire évoluer leur offre et pour ajouter des messages sanitaires à leurs publicités et ils se savent toujours plus ou moins menacés d’une taxe sur les produits gras et sucrés. Pense-t-on alors, au ministère de la Santé, à mettre les bouchées doubles ? Roselyne Bachelot n’en a rien laissé paraître au moment où en revanche elle se polarise sur l’obésité infantile. Il s’agit là de l’avenir à long terme, mais c’est un front sur lequel l’épidémie est plutôt stabilisée, à un taux de 3,5 % que nos amis d’outre-Manche pourraient nous envier. Les deux recettes de la ministre, interdire certaines publicités alimentaires dans les émissions pour enfants et la présence de confiseries près des caisses en magasins, sont-elles proportionnées ? Le temps de concertation, très bref, qu’elle laisse avant de trancher - d’autorité - devra servir à s’en assurer.

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