Le message des scientifiques de l’Inra est clair : il est possible, sans compromettre la compétitivité de l’agriculture française, d’atteindre l’objectif de réduction des produits chimiques dans l’agriculture. Un objectif défini par le Grenelle de l’environnement. On peut aller plus ou moins vite, tout est question de dosage, de curseurs.
La question n’est donc pas technique. Elle est politique et professionnelle. Atteindre ces objectifs implique de mobiliser toute la profession, l’ensemble des maillons des filières. On ne pourra pas faire évoluer les manières de faire dans les champs, les prairies et les étables si les transformateurs et distributeurs ne sont pas prêts à jouer le jeu, à accepter parfois de vendre moins pour vendre mieux.
Les agriculteurs, eux, après une terrible année 2009, manquent de repères. Dans certains domaines comme, le lait, ils sont carrément désemparés. D’autant que tous s’attendent à des révisions fondamentales dans la politique agricole commune en 2013. Se voir imposer de nouvelles contraintes risque, pour beaucoup, d’être vécu comme une impossibilité ou du moins comme des charges insupportables.
C’est un peu ce que vient de rappeler Guy Vasseur, élu nouveau président de l’APCA, après avoir assumé, au sein des chambres d’agriculture, la question de l’environnement. L’urgence écologique est toujours aussi forte mais le contexte économique n’est plus le même. C’est pourquoi il faut plus que jamais écouter les scientifiques, mobiliser toutes les professions, toutes les administrations, pour donner les moyens techniques aux agriculteurs d’atteindre les objectifs du Grenelle de l’environnement. Plus les troupes sont déboussolées et plus il faut leur donner un cap. On a parfois l’impression que la mobilisation n’est pas à la hauteur de l’enjeu.

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