Les transformateurs laitiers, industriels et coopérateurs, ont demandé à la Banque de France une étude sur leur situation économique. Objectif : nourrir le débat public et alimenter l’observatoire des prix et des marges en données solides.
La Coopération laitière et la Fnil (industriels) ont annoncé le 9 juillet qu’elles lançaient avec la Banque de France une étude économique sur la transformation laitière. L’étude permettra « d’améliorer la connaissance de la situation économique et financière des laiteries et fromageries », selon un communiqué conjoint. « La Banque de France aura directement accès aux comptes consolidés des entreprises, ce qui permettra de se baser sur 600 à 700 entreprises représentant 95 % de la transformation laitière », explique François-Xavier Huard, p.-d.g. de la Fnil. L’étude sera en mesure d’analyser 25 indicateurs différents, dont la marge brute et nette, le taux d’endettement, l’EBE, la trésorerie, etc. Elle prendra en compte l’exercice 2024 des sociétés et sera dévoilée en septembre.
Les résultats seront transmis à l’Observatoire de la formation des prix et des marges (OFPM), qui copilote l’étude avec la Banque de France, ce qui devrait mettre un terme à la non-transmission des données des transformateurs laitiers à l’OFPM, soulignée encore une fois le 9 juillet lors de la présentation du rapport OFPM 2025. « La transformation laitière française étant très exportatrice, nous devrons compléter l’étude afin de détourer pour l’OFPM les résultats s’appliquant seulement à l’activité en France », précise François-Xavier Huard.
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Vision large de la situation économique
En réalisant cette étude, les transformateurs veulent avoir en main des éléments fiables et indiscutables, et aussi bénéficier d’une vision plus large de leur situation économique dépassant la seule marge dégagée, celle-ci étant régulièrement source de polémiques. La Fnil et la Coopération laitière s’attendent, grâce à l’étude, à pouvoir apporter « des éléments objectifs sur le poids économique de l’industrie laitière dans les territoires et à l’échelle nationale, son rôle fondamental dans la répartition de la valeur au sein de la chaîne alimentaire, et la réalité des principaux indicateurs économiques et financiers du secteur ».
La Fnil et la Coopération laitière suivent en cela l’exemple d’autres fédérations professionnelles comme la Fict (charcuterie industrielle) qui s’appuie aussi sur la Banque de France pour réaliser une étude dont les résultats sont ensuite transmis à l’OFPM. Lors des dernières années, les transformateurs laitiers avaient été tellement peu nombreux à répondre à l’enquête de l’OFPM que ce dernier s’était tourné vers le Crédit Agricole pour obtenir des données économiques sur les entreprises.