Dans un contexte de crises multiples, les ministres de l’Agriculture de plus de 45 pays réunis à l’OCDE ont appelé à renforcer la durabilité et la capacité d’adaptation des systèmes agricoles et alimentaires. Ils ont souligné l’importance d’accélérer les investissements dans l’innovation, de faire un meilleur usage des intrants, de réduire les émissions de gaz à effet de serre ou encore d’améliorer le suivi des progrès réalisés.
Pour limiter l’impact cumulé des crises actuelles (Covid-19, guerre en Ukraine et changement climatique) sur les systèmes agricoles et alimentaires, les ministres de l’Agriculture de plus de 45 pays (membres de l’OCDE, UE et pays partenaires comme l’Afrique du Sud, l’Argentine, le Brésil…) ont appelé dans une déclaration finale adoptée à l’issue de leur réunion au siège de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) à Paris les 3 et 4 novembre (la dernière datait de 2016), à renforcer leur résilience et leur durabilité.
À cette fin, ils ont convenu qu’il était indispensable de stimuler les investissements dans l’innovation, les infrastructures et les compétences, et d’utiliser de manière plus rationnelle les intrants et ressources naturelles. Une nouvelle approche qui permettra au secteur agricole de faire, selon eux, plus avec moins, afin de respecter les objectifs climatiques énoncés dans l’accord de Paris. Sur ce point, ils se sont engagés à réduire les émissions de gaz à effet de serre d’origine agricole et à envisager la mise en place d’objectifs cibles de réduction. Des ambitions qu’ils porteront lors de la 27e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques de Charm el-Cheikh en Égypte du 6 au 18 novembre. Ils se sont également engagés à travailler étroitement avec les agriculteurs et les entreprises agro-industrielles à la mise au point de pratiques agricoles durables. Celles-ci permettront notamment de préserver et de restaurer la biodiversité, d’utiliser l’eau de manière plus efficiente, d’améliorer la santé des sols et la qualité de l’air, notamment grâce à une meilleure gestion des nutriments ou encore aux initiatives agroécologiques. La 15e Conférence des parties à la Convention sur la diversité biologique qui se tiendra à Montréal (Canada) du 7 au 19 décembre prochains abordera en profondeur toutes ces questions.
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Besoin d’indicateurs
Par ailleurs, les ministres ont également appelé l’OCDE, à travers son Comité de l’agriculture, à soutenir leur action en améliorant le suivi et l’anticipation des risques pesant sur les systèmes agricoles et alimentaires pour les rendre plus résilients. Ils invitent également l’institution parisienne à apporter sa contribution en vue d’améliorer les indicateurs agroenvironnementaux et d’en élaborer de nouveaux. L’objectif serait de définir des indicateurs communs afin de mesurer l’avancement des pays en matière d’atténuation du changement climatique et d’adaptation à ses effets. Ces indicateurs permettraient aussi de mesurer à quel degré les politiques agricoles encouragent la mise en place de pratiques respectueuses de l’environnement.
Les ministres de l’Agriculture ont convenu de se revoir dans ce même cadre durant le premier trimestre 2029 afin de réaliser un premier bilan.