Abonné

Ovoproduits Œufs  : Armor-Œufs en mode bascule

- - 3 min

Dans le premier pays producteur d’œufs d’Europe, les producteurs élevant leurs poules pondeuses en cage n’ont plus d’alternative. Il leur faut reconvertir leurs bâtiments. Illustration avec le premier groupement de producteurs français, Armor-Œufs (Pontivy), partenaire du groupe Avril.

Armor-Œufs rassemble 95 exploitations élevant 6 millions de poules pondeuses en Bretagne, très majoritairement élevées en cages (92,5 %). D’ici la fin de l’année, le groupement partenaire du groupe Avril (Mâtines en œufs coquilles, Ovoteam en ovoproduits) prévoit de faire basculer 800 000 poules des cages vers des modes de production alternatifs. Un premier pas qui devrait être suivi d’autres. Car le marché change à grande vitesse sous l’effet de la montée en puissance du facteur "bien-être animal" dans le comportement d’achat des consommateurs.

Les productions alternatives (sol, plein air, bio) concernent actuellement 32 % des pondeuses en France. Depuis quelques années, de plus en plus de consommateurs se détournent des œufs issus de l’élevage en batterie – pourtant mis aux normes européennes en 2012 après de coûteux investissements –, dont les ventes sont en baisse régulière. Des distributeurs, des acteurs de l’industrie et de la restauration hors domicile ont décidé de bannir les œufs issus de l’élevage en batterie, soit à effet immédiat, soit d’ici à quelques années.

78 % des poules pondeuses sont élevées en batterie

Consciente de l’évolution rapide de la consommation, l’interprofession a proposé en 2016 un contrat d’avenir sociétal par lequel elle orienterait, d’ici à 2022, 50 % de son parc vers des modes de production alternatifs. Mais la distribution n’a pas encore signé ce contrat qui permettrait de soutenir les éleveurs dans leur mutation. En Bretagne, où 78 % des poules pondeuses sont élevées en batterie (68 % en France), la marche paraît encore plus haute à franchir.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

bien-être animal
Suivi
Suivre

L’an passé, Armor-Œufs a interrogé ses producteurs sur leurs intentions, notamment sur leurs capacités à réinvestir, eux qui n’ont pas encore amorti la mise aux normes des cages datant de 2012. « Dans notre schéma, nous prévoyons qu’un tiers d’entre eux abandonnera l’élevage en cage en 2020 et un autre tiers en 2022 », explique Yannick Thoraval, responsable de la filière œufs chez Sanders, filiale nutrition animale d’Avril. Le dernier tiers, lui, n’effectuera théoriquement la bascule qu’après 2022, le temps de rembourser une partie de sa mise aux normes de 2012.

Un investissement nécessaire à 100 millions d’euros environ

Compte tenu de l’absence de terres chez la plupart d’entre eux, les éleveurs ne devraient pas partir sur du plein air (4 mètres carrés de parcours extérieur par poule), mais plutôt sur une production au sol. Mais en réalité, combien de producteurs changeront de modèle ? Car Armor-Œufs chiffre l’investissement nécessaire à 100 millions d’euros environ, sans aide extérieure. Dans ce contexte, Avril se veut rassurant, rappelant la vitalité du marché et la solidité des débouchés du groupe, autant en œufs coquilles qu’en produits transformés.