Abonné

Œufs : la France retrouve sa place de premier producteur européen

- - 3 min

L'année 2013 a permis à la France de retrouver sa place de leader européen de la production d'œufs. Mais le parc de bâtiment est légèrement surdimensionné et doit inciter les opérateurs à porter leurs efforts vers l'export, estime l'interprofession.

AVEC 15,2 milliards d'œufs produits en 2013, la France a retrouvé son rang de premier producteur européen qu'elle avait abandonné à l'Allemagne depuis deux ans. « Nous revenons même à un niveau de production supérieur à celui que nous avions atteint au début des années 2000 », note Philippe Juven, président du Comité national pour la production de l'œuf (CNPO).

Pour la filière, il pourrait presque s'agir d'un retour à la normale après la mise aux normes « poules pondeuses » du 1er janvier 2012 qui avait provoqué une pénurie d'œufs et une forte hausse des prix en 2012.

Un problème structurel de surproduction

Presque, puisqu'à la faveur de prix élevés, les producteurs ont rebâti un parc de bâtiments d'élevage légèrement surdimensionné, aux yeux de l'interprofession. « Aujourd'hui nous faisons face à un problème structurel, une légère surproduction, explique Philippe Juven. Mais les bâtiments sont là et désormais il va falloir être très présents sur les exportations ».

En août 2013, l'interprofession avait dû prendre des mesures d'urgence pour faire remonter les prix. « La production maintenant a pris conscience qu'il ne fallait pas construire plus. Le parc de bâtiment est performant, il faut maintenant le valoriser », observe Cécile Riffard, secrétaire générale du CNPO.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

interprofession
Suivi
Suivre
La production s'est développée en Pays de Loire

Dans la continuité de 2012, la production française d'œufs était donc en forte progression en 2013 (+22%), selon les chiffres du service de statistiques du ministère de l'Agriculture (Agreste) dans sa note de conjoncture avicole du mois de mars.

Le CNPO attend impatiemment la livraison d'une étude commandée au ministère de l'Agriculture qui dépeindra le portrait de la production d'œufs française de l'après 2012. « Nous avons déjà constaté un agrandissement des exploitations, explique Cécile Riffard, secrétaire générale du CNPO. Les bassins de production historiques comme la Bretagne et le Sud-Est se sont maintenus, et d'autres bassins, proches des bassins de consommation, comme les Pays de Loire, se sont développés ».

Les abattages de volaille se replient en janvier

AVEC une baisse de 7% en tec (tonnes équivalent carcasse), l'abattage de volaille a fortement baissé en janvier 2014, observe le service de statistiques du ministère de l'Agriculture (Agreste) dans sa note de conjoncture avicole de mars. Le repli touche les principales espèces à l'exception du canard à gaver dont les abattage sont en hausse de 4,4% en tec sur la même période. Les tonnages de poulets abattus ont baissé de 8%, les dindes de 15%.

Les importations ont diminué d'un quart

La crise de surproduction de 2013 n'aura pas eu que des effets négatifs sur la filière, elle a permis aux opérateurs de se positionner sur des marchés à l'export. En 2013, les exportations d'œufs coquilles et ovoproduits ont progressé de 10%. « Les exportateurs ont reconquis des parts de marchés, car ils sont plus compétitifs », estime Cécile Riffard. Les importations d'œufs coquilles et d'ovoproduits ont quant à elles diminué d'un quart.