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Œufs : l’interprofession présente son nouveau logo « Œufs de France »

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Avec « Œufs de France », la filière Œufs rejoint la grande famille des logos hexagonaux et tricolores, désormais bien repérés par les consommateurs. Ces nouveaux logos arriveront en rayon en septembre ; la filière espère qu’ils seront apposés sur 80 à 90 % des œufs coquille d’ici janvier.

Comme promis dans son plan de filière, l’interprofession de l’œuf (CNPO) a présenté, en présence du ministre de l’Agriculture le 25 avril, son nouveau logo, « Œufs de France », qui garantit des œufs « pondus en France par des poules nées et élevées en France, et conditionnés et/ou transformés en France s’il s’agit d’ovoproduits ». Le logo reprend le graphisme (hexagone tricolore) des autres logos de l’association des produits de France (APF). « C’est un logo connu des Français et facilement identifiable », a expliqué le président du CNPO, Philippe Juven. Il peut être apposé aussi bien sur les œufs coquille que sur les produits transformés.

Il remplace le logo « pondu en France » qui, contrairement à ce que son nom indique, ne garantissait pas seulement le lieu de ponte, mais aussi – déjà – le lieu de naissance et d’élevage des poules. En revanche « Pondu en France » ne garantissait pas le respect de la charte sanitaire de la filière et n’imposait pas de contrôle par des organismes tiers – ce qui est le cas avec Œufs de France. Par ailleurs, le lancement de ce nouveau logo ira de pair avec la mise en place d’une nouvelle traçabilité dans la filière ; les notifications de mouvements d’animaux ne seront pas seulement envoyées à l’administration mais aussi, par voie électronique, à la filière qui tiendra à jour une nouvelle base de données.

« Œufs de nos villages » utilisera le logo

Le logo « Œufs de France » sera présent en rayons à partir de septembre. Le CNPO espère que le logo sera présent sur 80 à 90 % des œufs coquilles d’ici janvier. Soit bien plus que le logo pondu en France. « Toutes les grosses entreprises qui mettent en marché des œufs de consommation sont dans la démarche », assure Ludovic Duriez, administrateur au CNPO. Le développement du logo « pondu en France » avait buté sur des marques à consonnance locale (ex. Loué), des origines régionales, mais aussi les logos nationaux privés transversaux développés par certaines enseignes de grande distribution (ex. produit en France), explique le CNPO.

La société Œufs de nos villages, qui n’affichait pas jusqu’ici le logo pondu en France sur ses œufs en raison d’une origine locale déjà marquée a décidé d’apposer le nouveau logo. Côté distribution, l’interprofession espère que toutes les enseignes seront signataires de l’initiative. « Nous sommes optimistes », a déclaré Ludovic Duriez.

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« Œufs de France », une réponse à la pression de la grande distribution

Lors de sa conférence de presse, le CNPO a été interrogé sur la menace d’importations d’œufs alternatifs face aux objectifs – supérieurs aux capacités de production française – affichés par la plupart des enseignes de grande distribution françaises - chacune à des échéances différentes. « Nous ne pourrons pas aboutir à toutes les échéances qui sont faites », a répondu le président de l’interprofession. Mais au CNPO, on explique également que le logo « Œufs de France » est une réponse à cette éventuelle menace d’importations et à la pression de la grande distribution. D’ailleurs, rappellent les professionnels, certains distributeurs ont précisé que leurs objectifs étaient conditionnés à la capacité de la filière française à les approvisionner. De plus, les œufs alternatifs sont plus difficiles à importer que les œufs standards, explique-t-on ; les œufs plein air sont essentiellement produits en France ; quant aux œufs bio étrangers, ils feraient l’objet d’une méfiance partagée par les distributeurs et les consommateurs. Les objectifs de la distribution ne sont peut-être pas à prendre pour argent comptant, à les écouter.

La consommation d’œufs à domicile progresse sur le premier trimestre

Sur le premier trimestre, les ventes d’œufs en magasins sont en progression de 1,5 % par rapport à l’année dernière, a annoncé l’interprofession. La consommation redémarre après un repli en 2017 (-1,4 %), lié aux répercussions de la crise du fipronil qui a provoqué une forte demande de produits français en Europe du nord. Selon le CNPO, les cours très élevés de l’œuf depuis août 2017 ont surtout bénéficié aux producteurs indépendants qui vendent sur le marché libre. Les producteurs sous contrats et les entreprises qui commercialisent des œufs coquille auraient vu leurs prix de vente peu évoluer, compte tenu de l’importance des engagements contractuels existants. En revanche, les casseries, qui achètent 50 % de leurs œufs sur le marché libre, ont fait évoluer leurs prix de ventes, mais pas assez vite à leurs dires ; elles auraient fortement souffert de la hausse des cours.