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Enquête élevage bovin « Offres de conseil et attentes des éleveurs ne sont pas toujours en adéquation »

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Si les éleveurs français sont dans l’ensemble « satisfaits des conseils mis à leur disposition », il apparaît que l’offre et les attentes « ne sont pas toujours en adéquation », selon une récente étude de l’Institut de l’élevage. Beaucoup d’éleveurs se sentent suffisamment accompagnés sur les aspects techniques de conduite de troupeau mais plusieurs d’entre eux, surtout dans le lait, sont demandeurs de conseils en matière de législation. Le principal frein à la formation, selon l’étude, reste le coût.

«L’adéquation entre l’offre en conseil et les attentes des éleveurs s’avère très variable selon les thèmes », révèle une récente étude de l’Institut de l’élevage, menée par l’équipe de Anne-Charlotte Dockès et Brigitte Frappat. L’enquête, présentée le 7 décembre aux 12e Rencontres recherches ruminants (3R), a été réalisée au printemps 2004 auprès d’une soixantaine d’éleveurs bovins lait et allaitant, répartis dans plusieurs départements : Maine-et-Loire, Aisne, Touraine, Savoie et Haute-Savoie.

Le coût, principal frein au conseil

« La majorité des éleveurs enquêtés se sent suffisamment accompagnée sur les aspects techniques de conduite de troupeau et formule peu de demandes», explique Catherine Souquet, co-auteur de l’étude. En revanche, un souhait d’information sur la législation, notamment sur les aspects environnementaux est souvent formulé. « Cela concerne en particulier les éleveurs laitiers, qui désirent se tenir au courant des évolutions sur les réglementations des plans de fumure et d’épandage », explique Clémentine Lacour, également co-auteur de l’étude. Bien que citée en bonne place parmi leurs préoccupations, essentiellement chez les éleveurs laitiers, l’organisation du travail génère peu de demandes, « les éleveurs estimant difficile de progresser dans ce domaine ». « Les éleveurs sont dans l’ensemble satisfaits des conseils mis à leur disposition, que ce soit de façon quantitative ou qualitative », nuance de son côté Catherine Souquet, co-auteur de l’étude.

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Mais qu’en est-il des freins à la formation ou aux conseils chez les éleveurs ? D’après l’étude de l’Institut de l’élevage, le coût est souvent présenté comme le principal frein à l’utilisation de conseils. « Mais cela masque souvent une relative méconnaissance de la réalité de l’offre », précise Clémentine Lacour. Le temps apparaît comme le deuxième frein important à la participation aux formations et aux réunions, « surtout pour les éleveurs qui travaillent seuls sur leur exploitation», ajoute Catherine Souquet. Une majorité d’éleveurs, surtout allaitants, ne ressentent pas le besoin d’être accompagnés, soit parce qu’ils estiment être suffisamment informés, soit parce qu’ils revendiquent fortement leur autonomie.

Six profils d’éleveurs différents

L’étude a également permis de mettre en évidence six types d’éleveurs en fonction de leurs attentes en matière de conseils. Les « réticents » au conseil sont souvent peu enclins au changement et n’émettent aucune attente dans le domaine. Ils ont souvent de petites exploitations. Les « indépendants ou autonomes » se situent en dehors des modèles prônés par le développement agricole actuel et sont peu demandeurs de conseil technique ou tehnico-économique. Les éleveurs utilisateurs de conseil, dont l’exploitation fonctionne « en croisière » sont, de leurs côtés, plutôt preneurs d’informations dans le domaine technique, notamment sur le contrôle laitier par exemple. Les « éleveurs volontaires accompagnés » travaillent dans des exploitations de dimension plus importante, avec des équipements modernisés. Ils sont très utilisateurs de conseils sous toutes leurs formes (individuelle ou de groupe) et sur différentes thématiques. Les éleveurs dits « innovateurs » sont très utilisateurs de nombreuses sources d’informations comme la presse, les réunions ou Internet. Ils réalisent des changements très fréquents sur leur exploitation et sont à l’affût de toutes sortes d’innovation techniques. La dernière catégorie d’éleveurs regroupe les agriculteurs pour qui l’activité élevage n’est que secondaire et ne constitue en aucune façon leur revenu principal. « Ils n’ont que très peu, voire aucune, attente en matière de conseils ou de formations », expliquent les auteurs.