Abonné
Il y a deux façons de lire les avis rendus par l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) et le HCB (Haut Conseil des biotechnologies) au sujet des OGM. Si les deux organismes sanitaires réfutent les conclusions des travaux du professeur Séralini sur la toxicité du maïs OGM NK603 de Monsanto et son pesticide associé, le Roundup (étude publiée le 19 septembre dernier dans Food and Chemical Toxicology), ils plaident pour la réalisation d’études de long terme sur le sujet. Dans la foulée, le gouvernement français a plaidé pour une «remise à plat du dispositif européen d’évaluation, d’autorisation et de contrôle des OGM et des pesticides » sans pour autant revenir sur les autorisations accordées au maïs NK603 et au Roundup. « Il y aura sûrement nécessité de refaire des études (long terme) », a déclaré à Bruxelles le ministre français de l’Agriculture Stéphane Le Foll. « À partir d’aujourd’hui, nous allons prendre les contacts nécessaires pour faire bouger les choses à l’échelle de l’Europe sur cette question des protocoles d’autorisation pour les différents OGM », a-t-il ajouté.
L’Anses et le HCB ont pointé certaines fragilités de l’étude, comme la faiblesse du nombre de rats utilisés, et estimé que ses résultats « ne permettent pas de remettre en cause les évaluations précédentes du maïs OGM NK603 et du Roundup», qui avaient conclu à l’innocuité du produit. Un avis dans la droite ligne de celui produit par l’Agence européenne de sécurité sanitaire (Efsa) début octobre.
Mais l’Anses et le HCB ont également appelé à mener des études de long terme, alors que la durée des tests de toxicologie s’élève généralement à 90 jours. L’Anses a ainsi tenu à souligner que l’étude Séralini était « ambitieuse » et relevé « l’originalité des questions qu’elle soulève », rappelant que seules deux études ont été réalisées à ce jour sur la vie entière des animaux ayant consommé des OGM. L’agence sanitaire a d’ailleurs appelé « à la mobilisation de financements publics nationaux ou européens dédiés à la réalisation d’études et de recherches d’envergure » afin de « consolider les connaissances sur les risques sanitaires insuffisamment documentés ». Le HCB a, lui, recommandé une « étude de long terme, indépendante et contradictoire sous l’égide des pouvoirs publics », suite à « la médiatisation à outrance des travaux » du professeur Séralini.
Gilles-Eric Séralini a tenu à remarquer l’ouverture d’esprit de ces avis et considère que les recommandations d’étude à long terme sont un progrès. Mais elles prennent du temps à mettre en place, rappelle-t-il, en parlant d’enjeu de santé publique.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Suivi
Suivre
Suivi
Suivre